Aperçu de la situation économique
La résilience de l'économie améliore la situation budgétaire
L'économie mondiale subit une profonde rupture depuis plus d'un an. La sécurité économique, la politique industrielle et les rivalités géopolitiques façonnent de plus en plus les investissements, les échanges commerciaux et les décisions financières. Le récent conflit au Moyen-Orient, qui perturbe des routes maritimes essentielles et occasionne des dommages à des infrastructures énergétiques, a entraîné une flambée des prix de l'énergie, mis en évidence la fragilité des chaînes d'approvisionnement mondiales et amplifié l'incertitude déjà très élevée.
Malgré ce contexte, l'économie du Canada a poursuivi son expansion, affichant un gain de 1,7 % en 2025. La récession a été évitée et l'activité intérieure est demeurée solide, même si la hausse des droits de douane et les tensions commerciales l'ont freinée. Les chaînes d'approvisionnement en Amérique du Nord ont résisté aux perturbations mieux que prévu, l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) protégeant environ 85 % des exportations de marchandises canadiennes contre les récentes mesures des États-Unis.
Les entreprises et les travailleurs font preuve d'une résilience remarquable, malgré la grande incertitude. Les entreprises ont repris confiance et diversifient leurs fournisseurs et leurs marchés. En outre, le Canada, qui continue d'attirer des capitaux mondiaux importants, se trouve d'ailleurs à la tête des pays du G7 pour ce qui est des flux d'investissement direct étranger par habitant. L'enquête menée par Statistique Canada en 2026 sur les dépenses en immobilisations indique que les entreprises prévoient d'accroître leurs dépenses en immobilisations cette année. À la lumière de cette capacité d'adaptation, le Fonds monétaire international (FMI) s'attend à ce que le Canada se classe au deuxième rang du G7 pour ce qui est du rythme de croissance au cours de 2026 et 2027 (graphique 1).
Le FMI prévoit que le Canada se classera au deuxième rang des pays du G7 au chapitre de la croissance
Perspectives de croissance du PIB réel
Les conditions du marché du travail sont demeurées résilientes. Depuis le début de 2025, le Canada a créé près de trois fois plus d'emplois par habitant (3,4 par millier d'habitants) que les États-Unis (1,2 par millier d'habitants). Le secteur privé a été à l'origine de la majorité de ces emplois. Le taux de chômage a atteint un sommet de 7,1 % en septembre 2025, avant de redescendre; en mars, il s'est établi à 6,7 %, en deçà du taux attendu par le secteur privé au moment du Budget de 2025. La croissance des salaires, qui est supérieure à l'inflation depuis maintenant plus de trois années consécutives, a fait constamment augmenter le revenu réel.
Du point de vue des finances publiques, la résilience de l'économie, soutenue par les politiques du gouvernement visant à répondre aux défis immédiats par de l'aide temporaire, a permis d'améliorer de 11,5 milliards de dollars le solde budgétaire (graphique 2) projeté en 2025-2026. Cette vigueur se répercute sur les exercices ultérieurs en améliorant le solde budgétaire, par rapport au Budget de 2025, de 10,7 milliards de dollars par année en moyenne de 2026-2027 à 2029-2030, avant les nouvelles mesures. Le gouvernement tire parti de cette amélioration de la situation budgétaire pour accroître l'abordabilité et rehausser le niveau de vie des Canadiens et des Canadiennes en prenant des mesures stratégiques ciblées, particulièrement au chapitre du carburant, de la nourriture et du coût du logement.
Projections du déficit dans la Mise à jour économique du printemps de 2026
Au même moment, les mesures commerciales prises par les États-Unis engendrent des coûts économiques et continuent de remodeler l'économie canadienne. Alors que les exportations de marchandises commencent à se rétablir et que les efforts de diversification des échanges se poursuivent, l'imposition prolongée de mesures commerciales par les États-Unis pourrait avoir des effets de longue durée. Par ailleurs, le conflit au Moyen-Orient et la hausse des prix du pétrole entraînée par la perturbation de l'offre de pétrole ont des effets contrastés sur l'économie canadienne. D'une part, les revenus du secteur énergétique et du gouvernement croissent et, de l'autre, les prix augmentent pour les ménages, les entreprises et les gouvernements, ce qui exacerbe l'incertitude à court terme. Dans l'ensemble, les prévisionnistes du secteur privé s'attendent à ce que le PIB réel augmente de 1,1 % en 2026 et de 1,9 % en 2027, ce qui est légèrement inférieur aux projections faites dans le Budget de 2025.
Dans ce contexte, il est essentiel de poursuivre la mise en œuvre des initiatives du Budget de 2025 visant à renforcer la vigueur et la résilience de l'économie, non seulement pour consolider nos forces dès aujourd'hui, mais aussi pour remédier à des problèmes structurels plus profonds et accroître la résilience à l'avenir.
Contexte mondial
Le conflit au Moyen-Orient freinera la croissance mondiale
Le conflit au Moyen-Orient vient s'ajouter à un contexte économique mondial déjà fragile. Bien que l'ampleur des répercussions dépende de la durée de ces perturbations, le conflit a amplifié l'incertitude ainsi que les risques pour la croissance et l'inflation mondiales. Cette situation se produit alors que les échanges commerciaux et les investissements à l'échelle mondiale doivent déjà s'adapter à un environnement de plus en plus fragmenté et incertain.
Le Moyen-Orient joue un rôle essentiel dans l'approvisionnement mondial en énergie et le commerce maritime. Le passage des pétroliers par le détroit d'Ormuz — une voie critique servant au transport d'environ 20 % des cargaisons mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié — est gravement perturbé. En plus des dommages causés à certaines infrastructures énergétiques et des inquiétudes quant à d'autres risques de dommages ou d'arrêts de production, ce conflit a fait grimper les prix du pétrole brut et du gaz naturel et accru la volatilité sur les marchés de l'énergie. En plus du pétrole brut et du gaz naturel, les produits les plus exposés aux perturbations du transport maritime comprennent les combustibles raffinés, les matières premières pétrochimiques et les intrants d'engrais.
Les prix des produits de base ont augmenté, en grande partie, sous l'effet de la hausse des prix du pétrole. Les cours du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) sont devenus extrêmement volatils, subissant de grandes fluctuations intrajournalières sous l'effet de leur réévaluation continuelle par les marchés à la lumière des risques pesant sur le prix du pétrole, en réponse à l'évolution rapide des signes avant-coureurs d'une escalade militaire, des perspectives d'un cessez-le-feu et de la situation de la navigation maritime dans le détroit d'Ormuz (graphique 3). Depuis le début du conflit, le pétrole brut WTI s'est négocié dans une fourchette de prix plus étendue qu'à la normale, en fluctuant entre 80 $ US et près de 120 $ US le baril en quelques semaines. Le 22 avril, il se négociait autour de 90 $ US, soit une hausse de plus de 30 %, comparativement au prix du baril qui avoisinait les 67 $ US avant le conflit (graphique 4).
La capacité limitée à réacheminer les exportations par d'autres voies a conduit certains producteurs du Golfe à réduire leur production, tandis que les attaques contre les infrastructures régionales ont amplifié l'incertitude sur les marchés. Les courbes actuelles des prix à terme du pétrole indiquent que ceux-ci devraient baisser au cours du deuxième semestre de 2026, pour atteindre environ 75 $ US le baril d'ici la fin de l'année (graphique 4) à mesure que les exportations de pétrole brut reprendront dans le détroit d'Ormuz. Par conséquent, les prix du pétrole devraient tout de même avoisiner les 80 $ US pour l'ensemble de l'année, ce qui dépasse d'environ 15 $ US les prévisions du Budget de 2025. Tandis que les attentes à l'égard des prix à long terme du pétrole demeurent globalement stables, celles à l'égard des prix à court terme continuent de dénoter une importante majoration entraînée par les risques géopolitiques, qui va vraisemblablement se maintenir jusqu'à ce que la navigation maritime se normalise et que l'incertitude se dissipe.
La volatilité intrajournalière des prix du pétrole est anormalement forte
Écart entre le cours intrajournalier le plus élevé et le plus bas prix du baril de pétrole brut WTI
Les prix à terme laissent présager une baisse des prix du pétrole à mesure que la navigation maritime se normalisera
Prix à terme et prix historiques du baril de pétrole
Les effets des goulots d'étranglement du transport s'observent également sur d'autres marchés de produits de base : les prix de l'aluminium et des engrais ont augmenté. Il est rassurant de constater que, malgré la pression à la hausse découlant de la montée du prix des engrais provoquée par les perturbations de l'offre au Moyen-Orient, les prix des denrées à l'échelle mondiale n'ont augmenté que modestement jusqu'à présent. Cette stabilité relative des prix s'explique en grande partie par les stocks mondiaux élevés, le maintien des flux d'exportation des principaux producteurs et l'incidence limitée à court terme de la hausse des coûts des engrais et des carburants. Cependant, si les prix de l'énergie et des intrants demeurent élevés pendant une période prolongée ou si les perturbations du transport s'intensifient, les hausses des coûts pour les entreprises pourraient se répercuter sur les chaînes d'approvisionnement.
Les conditions financières se sont quelque peu resserrées par rapport aux niveaux favorables d'avant le conflit au Moyen-Orient. Le rendement des obligations s'est accru du fait de la réévaluation par les investisseurs des risques liés à l'inflation et aux taux d'intérêt, tandis que les marchés boursiers ont subi certaines pressions, en particulier dans les pays et les secteurs les plus exposés à la hausse des prix de l'énergie. Ces changements viennent s'ajouter à la hausse des taux d'intérêt à long terme dans les économies avancées, sous l'effet de la hausse des primes à terme, dans un contexte de besoins d'emprunt élevés, d'augmentation des dépenses de défense et de rajustements continus de la politique monétaire.
Après s'être affaibli durant la majeure partie de 2025, le dollar américain s'est ressaisi par rapport à la plupart des autres devises à mesure que le conflit prenait de l'ampleur et que les investisseurs cherchaient à réduire les risques liés à leurs portefeuilles. Le dollar canadien a légèrement perdu de sa valeur par rapport au dollar américain au cours de cette période, mais s'est apprécié par rapport aux autres devises, du fait de la hausse des prix des produits de base. Or, la situation s'apaisant, le dollar américain a depuis perdu la plupart de ses gains.
La croissance mondiale demeure résiliente malgré les pressions géopolitiques et commerciales
Le conflit au Moyen-Orient représente une nouvelle source d'incertitude, qui s'ajoute aux risques qu'engendrent déjà les droits de douane imposés par les États-Unis et les tensions commerciales. Le système commercial mondial a subi des changements durables, et les droits de douane imposés par les États-Unis devraient demeurer élevés (graphique 5). Les droits de douane et cette incertitude persistante liée à la politique commerciale continuent de peser sur l'activité économique mondiale et exercent une pression à la hausse sur les prix. Il est établi que les entreprises et les consommateurs américains absorbent la plupart des coûts associés aux droits de douane, bien que les répercussions sur l'inflation semblent avoir atteint un sommet.
Les changements rapides et constants dans la politique tarifaire des États-Unis ont accentué l'incertitude chez les entreprises
Taux moyen des droits de douane aux États-Unis pour les importations en provenance du monde entier
Malgré ces pressions, la croissance du PIB mondial est demeurée relativement ferme, appuyée par des investissements massifs dans l'intelligence artificielle (IA), un soutien financier continu et un marché du travail résilient. La plupart des banques centrales ont assoupli leur politique monétaire en 2025, mais le rythme des réductions s'est ralenti, l'activité économique s'étant révélée plus vigoureuse que prévu et l'inflation n'ayant diminué que de façon graduelle.
L'analyse du FMI dans les plus récentes Perspectives de l'économie mondiale (avril 2026) indique que le choc énergétique mondial associé au conflit au Moyen-Orient fait déjà monter l'inflation dans les grandes économies et qu'il pèsera sur la croissance mondiale. Même si le conflit dure depuis relativement peu de temps, la croissance du PIB mondial devrait ralentir et s'établir à 3,1 % en 2026, alors que selon les projections, elle aurait atteint 3,4 % s'il n'y avait pas eu conflit. Selon les projections, la croissance en 2027 s'élèvera à 3,2 %, les effets négatifs de la hausse des coûts de l'énergie neutralisant les vents favorables découlant des investissements en technologie, de la baisse des droits de douane des États-Unis et du maintien du soutien financier.
Les risques restent grands et pointent vers une dégradation de la situation. La croissance aux États-Unis devient de plus en plus axée sur un ensemble restreint de secteurs axés sur la technologie. Si les gains de productivité attendus des investissements récents ne se concrétisent pas, une réévaluation des titres correspondants pourrait accentuer les risques baissiers du fait du resserrement des conditions financières et de la perte de confiance. De façon plus générale, les perturbations constantes au Moyen-Orient pourraient gonfler les prix de l'énergie et des produits de base, accroître l'inflation, peser sur la croissance et aggraver l'instabilité des marchés financiers. Le FMI estime que la croissance du PIB mondial en 2026 pourrait diminuer et atteindre 2,5 % si les prix du pétrole demeuraient élevés jusqu'en 2027, ou même descendre à 2 % — niveau frôlant la récession mondiale — advenant un scénario grave où les pressions sur les prix se répercutaient au-delà des marchés de l'énergie et accentuaient les pressions globales sur les coûts.
L'économie du Canada dans un contexte de hausse des prix du pétrole
Le Canada étant un exportateur net d'énergie, sur lequel le commerce passant par le détroit d'Ormuz a des effets limités, son économie est mieux protégée des répercussions du conflit que celle d'autres pays. En améliorant les termes de l'échange pour le Canada (le ratio des prix à l'exportation par rapport aux prix à l'importation), la hausse des prix du pétrole brut accroît les bénéfices du secteur de l'énergie et pourrait favoriser à terme l'investissement et l'emploi, ainsi qu'un accroissement des revenus publics (voir la section Analyse des scénarios économiques et l'encadré intitulé « Sensibilité de l'incidence économique et budgétaire à la hausse des prix du pétrole » de l'annexe 1). Alors que la hausse des prix du pétrole est depuis longtemps associée à une augmentation des investissements dans le secteur de l'énergie, les hausses temporaires des prix attribuables à l'offre sont moins susceptibles de générer des investissements durables, en particulier lorsque l'incertitude est élevée.
Par ailleurs, l'incidence nette sur le PIB réel devrait varier selon les secteurs et les régions. La hausse des prix de l'énergie occasionne des difficultés à de nombreux ménages, réduit le pouvoir d'achat et fait augmenter les coûts pour les entreprises. À titre d'exemple, les prix de détail de l'essence et du combustible diesel avaient bondi d'environ 35 % et 43 %, respectivement, à leur sommet en début d'avril. Pour aider la population et les entreprises canadiennes à gérer ces pressions, le gouvernement a suspendu temporairement la taxe d'accise fédérale sur l'essence, le combustible diesel et les carburants d'aviation. À la suite de l'entrée en vigueur de cette mesure le 20 avril, le prix de détail de l'essence a reculé d'environ 12 cents le litre, et le prix du combustible diesel, d'environ 16 cents le litre, même si les prix mondiaux du pétrole continuent de fluctuer. Par comparaison, aux États-Unis, les prix de l'essence sont demeurés inchangés au cours de la même période. Ces baisses de prix indiquent que les économies réalisées se retrouvent dans les poches des consommateurs.
Jumelées au resserrement des conditions financières et à la confiance fragile à l'échelle mondiale, les pressions sur les prix du carburant pourraient peser sur la demande intérieure si le conflit persistait. Bien que l'incidence de la hausse des prix du pétrole sur l'activité économique du Canada devrait être modérée, la forte incertitude découlant du conflit, parallèlement à une économie qui fonctionne déjà en deçà de sa capacité, laisse croire à un risque de détérioration.
L'inflation de l'indice des prix à la consommation (IPC) s'est accélérée en mars, ce qui témoigne de la hausse des prix de l'essence. Si la hausse des prix du pétrole s'avérait temporaire, comme le prévoient les marchés, l'inflation pourrait revenir à son taux cible de 2 % d'ici la fin de l'année. Cependant, si la hausse des prix du pétrole se poursuit et que ceux-ci demeurent élevés, l'augmentation des coûts de l'énergie pourrait se répercuter sur d'autres biens, prolongeant ainsi les problèmes d'accessibilité aux produits de première nécessité, comme les aliments, qui continuent d'être touchés par une forte inflation. L'économie ne fonctionnant pas à plein régime et l'inflation fondamentale s'adoucissant, les répercussions sur les autres prix pourraient être davantage limitées. Toutefois, les pressions continues sur les prix des produits de première nécessité font ressortir l'importance de l'approche à plusieurs volets du gouvernement visant à aider les Canadiens à gérer ces pressions, notamment au moyen d'un allègement ciblé pour les ménages à revenu faible ou modeste.
Afin d'appuyer une planification prudente dans un contexte d'incertitude, la Mise à jour économique du printemps de 2026 met en évidence les effets économiques de deux scénarios par rapport aux résultats de l'enquête de mars 2026 menée auprès du secteur privé. Le scénario optimiste prévoit des perspectives d'investissement plus favorables, car la hausse des prix du pétrole fait augmenter le revenu national, tandis que l'instabilité géopolitique renforce la demande mondiale d'énergie canadienne, ce qui témoigne du rôle du Canada en tant que fournisseur stable et fiable des marchés mondiaux. Le scénario pessimiste part du principe que les dommages causés aux infrastructures énergétiques critiques et les perturbations généralisées de l'offre pousseraient l'inflation mondiale à la hausse, resserreraient les conditions financières à l'échelle mondiale et freineraient la demande mondiale, ce qui entraînerait plus de pressions sur les coûts et des perspectives de croissance plus faibles au Canada. Plus de renseignements au sujet de ces scénarios se trouvent à la section Analyse des scénarios économiques du présent aperçu.
Portrait de la situation pour les Canadiens
L'économie mondiale devient de plus en plus incertaine, mais le Canada fait face à la situation en position de force. Des facteurs comme l'imposition de nouveaux droits de douane, les tensions commerciales et les conflits à l'étranger continuent d'influer sur les coûts pour les ménages et les entreprises ainsi que sur l'activité économique au pays. Le Canada est toutefois en bonne posture pour gérer ces pressions, grâce à son économie robuste et à sa stratégie de croissance claire, qui vise à stimuler les investissements et la productivité, à renforcer l'industrie nationale et à élargir l'accès aux marchés mondiaux. Le gouvernement est déterminé à aider les Canadiens à s'y retrouver dans toute cette incertitude et à composer avec les répercussions sur le coût de la vie tout en bâtissant une économie plus forte et plus résiliente pour l'avenir.
Contexte économique canadien
L'économie canadienne dépasse les attentes malgré l'imposition de droits de douane
L'économie canadienne fait preuve de résilience malgré un contexte de tensions commerciales importantes et de grande incertitude géopolitique. La demande intérieure est demeurée solide et l'économie a évité la récession que bon nombre de personnes avaient prédite au début de 2025. Les répercussions ont été restreintes : les dépenses de consommation ont tenu bon, les pertes d'emploi ont été limitées, et l'activité mondiale et les nouvelles infrastructures de transport ont soutenu les secteurs de ressources naturelles du Canada. Parallèlement, le Canada continue de bénéficier du taux de droit de douane moyen le moins élevé parmi les plus importants partenaires des États-Unis, soit 5,2 %. Bien que l'activité ait marqué un ralentissement au cours de 2025, la récession a été évitée, et la croissance devrait reprendre en 2026 (graphique 6). Il convient de souligner que la croissance du Canada en 2025 a été la deuxième en importance parmi les pays du G7.
Les droits de douane américains ont contribué à la baisse des exportations de marchandises canadiennes, au recul des investissements des entreprises et à des pertes d'emploi dans les secteurs visés par des droits de douane. Ces pressions ont contribué à la fluctuation du PIB réel trimestriel. La croissance est passée d'un gain de 2,4 % (taux annualisé) au troisième trimestre à une contraction de 0,6 % au quatrième trimestre. La baisse au quatrième trimestre éclipse le dynamisme intérieur, soutenu par des dépenses de consommation vigoureuses et un regain des investissements des entreprises.
Les exportations de marchandises demeurent sous les niveaux antérieurs aux droits de douane, mais se redressent graduellement, les entreprises s'ajustant à la situation et la capacité d'exportation dans le secteur énergétique prenant de l'ampleur (voir la section intitulée « Les exportations canadiennes se redressent » et les encadrés connexes). Les dépenses des ménages se sont maintenues en 2025, la consommation augmentant de 2,3 %, soit légèrement plus que le rythme observé au cours des deux dernières années. Les efforts de diversification des échanges portent leurs fruits et les exportations de marchandises vers des marchés autres que les États-Unis ont augmenté d'environ 36 % depuis 2024.
Dans l'ensemble, le PIB réel a affiché une croissance de 1,7 % en 2025, juste un peu moins qu'au cours des deux années précédentes, et le taux de chômage a diminué, passant à 6,7 % en mars, soit un niveau inférieur aux attentes du secteur privé figurant dans le Budget de 2025 (graphique 7). Après avoir subi une baisse en 2023 et en 2024, le PIB réel par habitant s'est accru de 0,6 % en 2025. L'incertitude entourant la politique commerciale continue de peser sur les exportations et les investissements des entreprises. Cependant, les baisses de taux d'intérêt antérieures et les investissements continus dans l'infrastructure soutiennent la demande intérieure, et les économistes du secteur privé s'attendent à ce que la croissance augmente et atteigne environ 2 % d'ici la fin de l'année.
La croissance du PIB réel devrait s'améliorer en 2026
Le taux de chômage est plus bas que prévu
Les exportations canadiennes se redressent
L'évolution de l'environnement commercial mondial et la hausse des droits de douane ont fait reculer les exportations réelles canadiennes d'environ 2 % par rapport à leur niveau de 2024. Cependant, l'impact a été moins grave que prévu, en partie parce que les entreprises ont recouru aux exemptions prévues par l'ACEUM, ainsi qu'en raison des premiers efforts de diversification du commerce (voir l'encadré).
Au fur et à mesure que les entreprises s'adaptent, les exportations ont commencé à se stabiliser. Les exportations réelles de marchandises ont augmenté d'environ 6,5 % (taux annualisé) au deuxième semestre de 2025, ce qui est en grande partie attribuable aux gains obtenus dans les secteurs ne faisant pas l'objet de droits de douane, comme l'énergie et les biens de consommation. Des premiers signes d'une croissance de la diversification des exportations vers des destinations autres que les États-Unis sont aussi observables, et le Canada progresse vers son objectif de doubler ses exportations totales vers d'autres marchés que les États-Unis (graphique 8).
Les rajustements demeurent inégaux dans les échanges commerciaux du Canada. Les exportations dans les secteurs touchés par les droits de douane ont reculé au quatrième trimestre après s'être brièvement stabilisées, ce qui traduit des pressions continues. Les expéditions ont mieux résisté aux droits de douane lorsque la hausse des prix, les ventes au pays ou les ventes destinées à d'autres marchés que les États-Unis ont aidé à en atténuer les effets. Le gouvernement a mis en œuvre un ensemble de mesures ciblées, qui aident à atténuer les coûts pour de nombreuses entreprises.
Les investissements en infrastructure renforcent également la capacité d'exportation (voir l'encadré).
Les exportations de marchandises canadiennes vers d'autres marchés que les États-Unis augmentent
Variation des exportations nominales de marchandises
Les entreprises canadiennes s'adaptent à un environnement commercial en pleine évolution
Les exportateurs canadiens de marchandises ont connu une chute importante de la demande à la suite de l'imposition des droits de douane par les États-Unis, et il leur faudra du temps pour s'y adapter. Toutefois, selon les premières données probantes obtenues, les entreprises se repositionnent activement.
- Les ventes à l'extérieur des États-Unis prennent de l'ampleur (graphique 8). Selon une enquête d'Exportation et développement Canada réalisée en mars 2026, 65 % des exportateurs ont indiqué qu'ils comptaient se lancer sur de nouveaux marchés au cours des deux prochaines années.
- Les chaînes d'approvisionnement sont en train de se restructurer. De nombreuses entreprises se procurent des intrants ailleurs qu'aux États-Unis pour éviter les droits de douane, ce qui entraîne une hausse des importations en provenance de fournisseurs à l'extérieur des États-Unis (graphique 9).
- L'adoption de technologies s'accélère. L'Enquête canadienne sur la situation des entreprises de Statistique Canada indique que de plus en plus de fabricants adoptent l'IA et d'autres technologies avancées afin d'améliorer leur efficience.
Les entreprises rajustent aussi leurs prix, leurs sources d'approvisionnement et leur production afin d'atténuer les pressions sur les coûts découlant des droits de douane. Des premiers signes d'adaptation sont visibles dans les secteurs visés par les droits de douane : les producteurs d'acier ont accru leurs ventes au pays, tandis que les producteurs d'aluminium profitent de la hausse des prix et du succès de leurs premières tentatives de diversification dans des marchés autres que les États-Unis.
De façon générale, des indications d'une diversification commencent à apparaître. Même si la vigueur récente des exportations s'explique en partie par les fortes exportations d'or, secteur où la forte hausse de la demande mondiale a fait monter les prix et les volumes, des gains sont aussi observés dans plusieurs secteurs, comme l'aviation, les biens de consommation et l'électronique (graphique 10).
Une partie de l'expansion vers de nouveaux marchés se fait dans des secteurs où le Canada est déjà compétitif à l'échelle internationale, par exemple en ce qui concerne certains types de boissons et d'aliments transformés et le matériel de transport non automobile. La diversification demeure plus limitée dans les secteurs les plus touchés par les droits de douane, notamment l'acier, le bois d'œuvre résineux et les véhicules à moteur et les pièces connexes, ces secteurs étant profondément ancrés dans les réseaux de production nord-américains. Dans ces secteurs, la politique « Achetez canadien » demeure cruciale pour maintenir de bons emplois.
Dans le Budget de 2025, le gouvernement a signalé son intention de doubler les exportations combinées de biens et de services vers des marchés autres que les États-Unis au cours des 10 prochaines années. Des progrès sont réalisés en ce sens, alors que la courbe de croissance des exportations outre-mer suit la trajectoire implicite requise pour atteindre cet objectif en 2035 : les exportations de biens et de services vers des marchés autres que les États-Unis ont augmenté de 33 milliards de dollars en 2025 par rapport à 2024. Cette hausse permet au Canada d'avancer vers son objectif de générer 300 milliards de dollars de plus en échanges commerciaux d'ici 10 ans en augmentant les exportations outre-mer. La nouvelle Stratégie de diversification commerciale, soutenue par la signature de 20 nouveaux accords sur quatre continents, renforce cet élan en fournissant un soutien concret et ciblé aux exportateurs et en prévoyant des investissements dans les infrastructures dont bénéficieront les prochaines générations et qui permettront d'acheminer les marchandises de manière plus fiable et compétitive vers les marchés mondiaux. Ces efforts s'appuient sur un ensemble de programmes visant à aider les exportateurs à diversifier leurs activités, notamment les services de financement, d'assurance et de conseil que fournit Exportation et développement Canada, en particulier pour les petites et moyennes entreprises exportatrices.
Les importations de marchandises augmentent en provenance de marchés autres que les États-Unis
Variation des importations en 2025 par rapport à 2024
Les exportations de marchandises augmentent vers des marchés autres que les États-Unis
Variation des exportations (excluant l'or) par rapport à 2024
De nouvelles capacités de transport ouvrent l'accès vers de nouveaux marchés
L'élargissement de l'infrastructure de transport du pétrole — en particulier le projet d'agrandissement du réseau de Trans Mountain — a grandement amélioré l'accès du Canada aux marchés mondiaux. Entièrement en activité depuis 2024, le projet a considérablement accru la capacité d'exportation à partir de la côte Ouest du Canada.
En ouvrant l'accès à des marchés par voie maritime, cet agrandissement a désenclavé la production et aidé à atténuer les goulots d'étranglement, à diversifier les marchés d'exportation, à réduire les décotes du prix du pétrole brut canadien et à renforcer la position du Canada dans le commerce mondial de l'énergie. Par conséquent, les exportations de pétrole brut vers des marchés autres que les États-Unis, en particulier en Asie, se sont accélérées au cours des dernières années (graphique 11).
Avant la réalisation de ce projet d'agrandissement, moins de 3 % des exportations de pétrole brut canadien étaient destinées à des marchés autres que les États-Unis; cette proportion est maintenant passée à près de 10 %. Dans l'avenir, d'autres projets pourraient accroître de 12 % la capacité de transport totale.
Les exportations de pétrole brut augmentent vers des marchés autres que les États-Unis
Des projets de gaz naturel liquéfié (GNL) visent aussi à tirer parti de l'abondance de ressources de gaz naturel à faible coût dans l'Ouest canadien par l'exportation de GNL vers des marchés mondiaux où la demande est élevée et les prix intéressants. Le premier terminal d'exportation d'envergure du Canada, la phase 1 de LNG Canada, a commencé ses exportations en juin 2025 à Kitimat, en Colombie-Britannique. Depuis, les données publiées par la Régie de l'énergie du Canada montrent que les exportations de GNL se sont rapidement accrues : alors qu'elles étaient minimes en 2024, elles représentent aujourd'hui 7,5 % du total des exportations de gaz naturel. Cette croissance soutient l'activité économique et aide à compenser la faiblesse des exportations dans d'autres secteurs.
De plus, 11 autres projets de GNL en sont à différentes étapes de développement au pays, dont sept projets en Colombie-Britannique. Deux de ces projets sont en construction, trois ont obtenu les approbations réglementaires requises et progressent vers différents jalons, tandis que le processus d'examen réglementaire est en cours pour deux autres. Combinés à la phase 1 de LNG Canada, les projets de GNL en Colombie-Britannique représentent des investissements en capital potentiels de plus de 150 milliards de dollars, ainsi qu'une capacité de production potentielle d'environ 50 millions de tonnes de GNL par année d'ici le début des années 2030. Des projets dans d'autres régions présentent aussi un potentiel d'investissement de plus de 50 milliards de dollars.
Les entreprises ont repris confiance et les investissements sont en hausse
Compte tenu du contexte très incertain et de la faible demande à l'exportation, les investissements réels des entreprises sont demeurés anémiques en 2025, ce qui pèse sur la capacité de production et le potentiel de croissance. Selon des données récentes, toutefois, la situation pourrait être en train de se stabiliser. Les investissements ont affiché une hausse de 2,6 % au quatrième trimestre, après avoir baissé pendant trois trimestres consécutifs. Ce gain est attribuable à la reprise des investissements dans les machines et le matériel, en particulier l'achat d'ordinateurs et de logiciels. La confiance est revenue à des niveaux près de ceux de 2024 et les entreprises prévoient d'augmenter leurs investissements non résidentiels de 2,8 % en 2026 (données nominales), après une baisse de 0,5 % en 2025 (graphique 12). Ces revirements sont le signe d'une légère augmentation des investissements et de la vigueur de l'économie au début de 2026.
Ce raffermissement de la confiance s'explique par l'avantage relatif dont profite le Canada dans le contexte des droits de douane imposés par les États-Unis, par les incitatifs fédéraux ciblés, ainsi que par l'augmentation des investissements publics dans les infrastructures qui facilitent le commerce et le transport. Ensemble, ces facteurs contribuent à mettre en place des conditions propices à une hausse de l'investissement privé et à des chaînes d'approvisionnement plus résilientes.
Le Canada continue d'inspirer une grande confiance à titre de lieu où investir. En 2025, le Canada se classait au deuxième rang, sur 25 pays, de l'indice Kearney des investissements directs étrangers, et en tête des pays du G7 pour ce qui est des flux d'investissement direct étranger par habitant (graphique 13).
Les intentions de dépenses en capital laissent prévoir une croissance de l'investissement en 2026
Le Canada en tête du G7 pour l'investissement direct étranger par habitant
Le marché du travail a fait preuve de résilience
Le marché du travail canadien a fléchi l'an dernier devant la hausse des tensions commerciales et l'entrée en vigueur de droits de douane plus élevés, et l'embauche a été largement anémique en 2025. Malgré tout, le marché a résisté au choc mieux que prévu. Le deuxième semestre de l'année a été marqué par la reprise de la croissance de l'emploi, un signe que les conditions se stabilisaient.
Malgré un ralentissement récent, le Canada devance tout de même de loin les États-Unis au chapitre de la création d'emplois par habitant, et le taux d'emploi du principal groupe d'âge actif est demeuré presque trois points de pourcentage au-dessus de celui des États-Unis. Depuis le début de 2025, plus d'emplois ont été créés au Canada (3,4 par millier d'habitants) qu'aux États-Unis (1,2 par millier d'habitants). Le secteur privé a été à l'origine de la majorité de ces emplois (graphique 14). Les difficultés dans les secteurs visés par les droits de douane ont mené à des pertes d'emplois (graphique 15) et, selon des enquêtes auprès des entreprises, les intentions d'embauche demeurent toujours modérées. La demande particulièrement faible au niveau des postes de premier échelon nuit à l'accès des jeunes et des nouveaux arrivants au marché du travail.
La hausse de l'emploi est concentrée dans le secteur privé
La hausse de l'emploi s'observe dans les secteurs qui ne sont pas visés par les droits de douane
Malgré tout, le taux de chômage, après avoir culminé à 7,1 % l'été dernier, est tombé à 6,7 %, en deçà du taux attendu par le secteur privé au moment du Budget de 2025. La croissance des salaires, qui est supérieure à l'inflation depuis maintenant plus de trois ans, s'est traduite par une augmentation annuelle de 1,6 % du salaire réel en moyenne depuis 2023 (graphique 16), soit près du double du taux enregistré au cours des 10 années ayant précédé la pandémie. La croissance cumulée du salaire réel depuis 2019 est près de deux fois supérieure au Canada qu'elle ne l'est aux États-Unis. Une croissance soutenue de la productivité sera primordiale pour favoriser une hausse plus forte et durable du revenu réel au fil du temps.
Les salaires augmentent plus vite que l'inflation depuis plus de trois ans
Le ralentissement de la croissance de la population atténue les pressions sur le marché du travail
Après des gains importants à la fin de 2025 (45 000 emplois en moyenne par mois), l'emploi a cessé de progresser au cours des trois derniers mois. En parallèle, la population croît moins rapidement, de sorte qu'il faut moins de nouveaux emplois pour maintenir le taux de chômage à un niveau stable.
Il s'agit là d'un net changement par rapport à la période allant de 2022 à 2024, où l'augmentation rapide de la population a poussé la croissance de l'offre de main-d'œuvre à un niveau que l'économie pouvait difficilement absorber. Le Plan des niveaux d'immigration 2026-2028 devrait assurer un taux plus viable de croissance de la population et favoriser l'équilibrage du marché du travail en permettant de répondre aux besoins locaux, tout en tenant compte de la capacité des communautés à accueillir de nouveaux arrivants.
La croissance de l'emploi devrait reprendre en 2026, mais les gains risquent d'être modestes, car la demande de travailleurs augmentera graduellement. Combinée à une croissance plus lente de la population en âge de travailler, cette progression devrait favoriser une baisse graduelle du taux de chômage dans la deuxième moitié de l'année.
Le marché de l'emploi tient le coup malgré certaines difficultés
- Le taux de chômage chez les jeunes est toujours élevé, s'établissant à 13,8 % en mars 2026; il n'a pas beaucoup baissé depuis le récent pic de 14,6 % atteint en septembre 2025. Le gouvernement a mis en place des mesures stratégiques pour faciliter l'entrée des jeunes sur le marché du travail.
- Les pertes d'emploi demeurent limitées. Le nombre de premières demandes d'assurance-emploi se situe dans les normes historiques et de nombreux travailleurs licenciés se trouvent un nouvel emploi.
- Le taux d'activité a baissé l'an dernier, mais demeure malgré tout un point fort. Le Canada se maintient en tête des pays du G7 à ce chapitre, affichant un taux d'activité de 64,9 %, bien supérieur à celui des États-Unis (61,9 %), qui devrait continuer de croître à mesure que la conjoncture s'améliore.
- Le taux d'activité des femmes atteint des sommets. Chez les femmes âgées de 25 à 54 ans, il s'établissait à 85 % en 2025 – soit près de 7 points de pourcentage de plus qu'aux États-Unis. Des taux d'activité élevés sont aussi observés chez les jeunes et les nouveaux arrivants.
L'abordabilité du logement s'améliore
Un rééquilibrage graduel s'opère sur les marchés du logement. Les pressions liées à l'abordabilité, la confiance mitigée, l'arrivée de nouveaux logements sur le marché et le ralentissement de la croissance de la population sont autant de facteurs qui se combinent pour entraîner un rajustement global.
Ensemble, ils exercent une pression à la baisse sur le prix des propriétés, qui est maintenant inférieur d'environ 20 % aux pics récents, et sur les loyers, qui ont diminué de près de 9 % à l'échelle nationale. Ces variations concourent à une amélioration de l'abordabilité des logements dans de nombreux marchés, et ont poussé à la hausse le taux d'inoccupation sur le marché locatif au Canada; il s'établissait à 3,1 % en 2025, après un creux historique de 1,5 % en 2023.
Parallèlement à ce rééquilibrage, la construction résidentielle fléchit dans certains marchés, alors que les promoteurs immobiliers réagissent à la hausse des coûts et à l'affaiblissement de la demande à court terme. Si cette tendance se maintient, il pourrait en découler des risques pour l'offre future de logements. Dans ce contexte, le gouvernement continue d'axer ses efforts sur des mesures qui débloqueront l'offre de nouveaux logements et permettront de faire baisser durablement le coût du logement.
Les initiatives récentes, dont le lancement de Maisons Canada, le dépôt du projet de loi visant à améliorer l'offre de logements et les mesures proposées dans la Mise à jour économique du printemps de 2026, soulignent les efforts soutenus que mène le gouvernement pour augmenter l'offre de nouveaux logements, améliorer la réactivité du marché et maintenir dans le temps les récents progrès accomplis pour faire baisser le coût du logement.
L'activité sur le marché du logement a ralenti dans plusieurs marchés
À l'échelle nationale, les ventes de propriétés demeurent faibles, ce qui contribue à atténuer les pressions sur le coût du logement, particulièrement pour les acheteurs qui ne pouvaient accéder à la propriété en raison de prix prohibitifs. Ce ralentissement des ventes s'est manifesté particulièrement dans les marchés où la hausse des prix à la suite de la pandémie avait été plus marquée et où les pressions liées à l'abordabilité étaient les plus fortes, notamment à Toronto et à Vancouver.
- Le ratio des ventes aux nouvelles inscriptions est demeuré en deçà de la moyenne historique, et la hausse du nombre de propriétés à vendre donne plus de choix et de pouvoir de négociation aux acheteurs.
- La conjoncture reste difficile en Ontario et en Colombie-Britannique, où les ventes d'habitations existantes sont environ 30 % inférieures à la moyenne sur 10 ans. Dans ces marchés, la correction des prix, particulièrement dans le secteur des appartements de copropriété, contribue à harmoniser les prix avec la demande sous-jacente, après une période d'expansion rapide alimentée par les investisseurs. Ce repli se manifeste tout particulièrement dans le marché des appartements de copropriété et pèse sur la vente de nouvelles propriétés et le lancement de nouveaux projets.
- Les marchés du logement ont été plus résilients au Québec, dans les Prairies et dans le Canada atlantique, puisque l'abordabilité y est meilleure, mais on y observe de plus en plus un ralentissement alors que les conditions se normalisent à l'échelle nationale.
- Le prix des logements au pays a baissé d'environ 5 % au cours de la dernière année (graphique 17). Conjugué à la croissance soutenue du revenu réel des ménages, ce rajustement des prix améliore le pouvoir d'achat et réduit les obstacles pour les acheteurs d'une première propriété.
La hausse de la construction de logements destinés expressément à la location fait augmenter l'offre
Dans l'ensemble, le marché de la construction est resté vigoureux par rapport aux moyennes passées. En 2025, il y a eu au total 260 000 mises en chantier, un nombre bien supérieur à la moyenne d'environ 200 000 enregistrée de 2000 à 2019, grâce au nombre record de logements construits expressément pour la location, soutenus par des mesures fédérales.
Conjuguée aux efforts pour rétablir un taux plus viable de croissance de la population, l'offre croissante contribue à résorber la pénurie de logements au Canada et améliore considérablement l'abordabilité (voir l'encadré). Depuis les derniers sommets, le prix moyen des habitations a baissé de 20 %, les loyers moyens au pays ont diminué de près de 9 % par rapport au pic de 2024, tandis que les paiements hypothécaires mensuels moyens des propriétaires ont chuté de plus de 1 200 $ à Toronto et à Vancouver, de près de 400 $ à Calgary et de plus de 200 $ à Halifax par rapport à leurs niveaux record. En s'ajoutant à la progression constante du revenu réel des ménages, ces tendances à la baisse rétablissent le pouvoir d'achat et facilitent l'accès au logement tant pour les locataires que pour les acheteurs d'une première propriété.
L'indice d'abordabilité du ministère des Finances Canada, qui mesure les paiements hypothécaires mensuels par rapport au salaire mensuel médian, s'établissait à 60 % au début de 2026, une amélioration par rapport au sommet de 87 % atteint en septembre 2023. Elle représente le résultat cumulatif de la diminution des taux hypothécaires, de la baisse des prix des propriétés et de la croissance constante du revenu. Cet indice se situe maintenant autour des niveaux de 2017. Les logements locatifs sont aussi plus abordables : la part du revenu disponible dont les nouveaux locataires doivent disposer pour payer leur loyer est descendue à 29 %, après le sommet de 34 % atteint en octobre 2023 (graphique 18). Les loyers affichés sont en effet légèrement inférieurs au seuil de 30 % du revenu national brut des locataires et c'est la première fois depuis plus de six ans qu'ils atteignent ou passent sous ce seuil.
En parallèle, la construction de logements destinés à l'achat, dont les copropriétés et les maisons de plain-pied, a été freinée par la faible demande, les coûts élevés et l'augmentation du parc résidentiel. Selon des indicateurs avancés, le ralentissement se poursuivra dans ces segments, car les ventes de nouveaux logements demeurent en deçà des niveaux historiques dans plusieurs marchés et contribuent à ce que les constructeurs retardent ou annulent leurs projets. Ce rajustement du marché s'est traduit par des pertes d'emplois dans les métiers spécialisés et dans le secteur de la construction. En Ontario et en Colombie-Britannique, l'emploi dans la construction résidentielle a connu une baisse de 6,2 % et de 2,6 %, respectivement, en 2025. Les travailleurs des métiers spécialisés sont essentiels pour stimuler la construction de logements partout au pays. Il est important de maintenir les capacités dans le secteur de la construction pour pouvoir accroître l'offre de logements et faire baisser durablement le coût du logement au pays, une grande priorité du gouvernement.
Le prix des habitations existantes a baissé
L'abordabilité du logement s'améliore
Indice d'abordabilité des logements locatifs en fonction du loyer moyen demandé
Le gouvernement agit pour débloquer l'offre de nouveaux logements
Malgré les progrès accomplis, comme l'illustrent le déclin des prix des propriétés et la baisse de près de 9 % des loyers demandés depuis leur plus récent sommet d'il y a deux ans (voir l'encadré), beaucoup trop de Canadiens ont encore du mal à trouver un logement abordable, sans compter les risques que le rajustement en cours dans le marché fait planer sur l'offre future de logements.
Pour régler les problèmes de logement au Canada, il faut agir sans tarder afin de réduire les coûts et la paperasserie, et accélérer la construction de logements. C'est pourquoi le gouvernement a déposé un projet de loi visant à verser immédiatement 1,7 milliard de dollars aux provinces et aux territoires, afin qu'ils prennent d'autres mesures pour débloquer l'offre de nouveaux logements, par exemple en réduisant les frais d'aménagement ou les redevances sur la construction de nouveaux logements. Le gouvernement a aussi annoncé un nouveau partenariat avec l'Ontario, qui se traduira par des économies pouvant aller jusqu'à 200 000 $ en taxes et frais pour une habitation neuve en Ontario.
Le marché du logement devrait se stabiliser à mesure que l'incertitude se dissipe, que l'économie prend de la vigueur, que le logement devient plus abordable et que les mesures du gouvernement pour accélérer la construction donnent des résultats. Cette stabilisation devrait conduire à une reprise graduelle des ventes d'habitations neuves ou existantes et créer un environnement plus favorable à la construction de logements destinés à l'achat.
Les mesures fédérales favorisent l'abordabilité du logement
L'abordabilité du logement reste un défi de taille, mais les circonstances sont favorables. L'offre de logements augmente et le taux de croissance de la population redevient plus viable, ce qui atténue les pressions liées à l'offre et à la demande qui avaient fait monter le coût du logement dans les dernières années.
L'offre de logements a augmenté à un bon rythme, portée par la vigueur du segment des logements construits expressément pour la location. En 2025, 120 000 mises en chantier de logements locatifs ont été enregistrées, soit près de cinq fois plus que la moyenne enregistrée de 2000 à 2019. Cette vigueur est en partie attribuable au soutien financier et aux incitatifs du gouvernement fédéral, notamment les programmes d'assurance prêt hypothécaire pour immeubles collectifs de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, qui a soutenu près de 90 % des mises en chantier de logements locatifs en 2024.
En parallèle, le Plan des niveaux d'immigration 2026-2028 contribue à ramener la croissance de la population à un taux plus viable, comme en témoigne le ralentissement de la progression, qui est passée d'un sommet de 3,2 % au deuxième trimestre de 2024 à -0,2 % à la fin de 2025. Le taux de croissance de la population devrait demeurer faible au cours des deux prochaines années, ce qui permettra de réduire l'écart entre l'offre de nouveaux logements et la demande démographique sous-jacente (graphique 19).
Par conséquent, l'écart de l'offre de logements s'amenuise, surtout sur les marchés du logement locatif. Les taux d'inoccupation ont grimpé au-delà des moyennes enregistrées par le passé dans plusieurs villes, et les loyers demandés ont diminué de près de 9 % après avoir atteint un sommet à la fin de 2024, notamment à Toronto et à Vancouver, où des baisses de 210 $ et de 320 $, respectivement, ont été observées (graphique 20).
Les acheteurs ont aussi eu un peu de répit. La diminution des taux hypothécaires, combinée à la baisse des prix dans plusieurs marchés, a entraîné une amélioration de l'indice d'accessibilité à la propriété de la Banque du Canada, qui est passé d'un sommet de 54,5 % à 42,7 %. Les paiements hypothécaires mensuels pour une propriété de prix moyen ont baissé de plus de 1 200 $ à Toronto et à Vancouver depuis la fin de 2023.
Le gouvernement met l'accent sur l'élargissement du parc de logements au Canada en réduisant les coûts de financement et de construction, en améliorant la productivité dans le secteur de la construction résidentielle et en stimulant l'offre de logements abordables. Les mesures du gouvernement fédéral, estimées à plus de 140 milliards de dollars en dépenses et manque à gagner au cours des cinq prochaines années, concernent tout ce qui touche au logement, depuis la lutte contre l'itinérance jusqu'aux logements au taux du marché.
Des réformes structurelles, jumelées à une croissance plus viable de la population et à un soutien ciblé pour les acheteurs d'une première propriété, ont aidé et continuent d'aider à réduire l'écart de l'offre de logements et à améliorer l'abordabilité.
Les mises en chantier prennent de l'ampleur et dépassent maintenant la croissance démographique
Les loyers demandés moyens ont baissé après avoir atteint un sommet
L'inflation demeure à l'intérieur de la fourchette cible, malgré la volatilité à court terme
Avant le conflit au Moyen-Orient, l'inflation s'était rapprochée de son taux cible. Le taux d'inflation s'est établi en moyenne à 2,1 % en 2025, ayant reculé en partie sous l'effet de l'élimination de la tarification fédérale du carbone pour les consommateurs en avril dernier, avant de fléchir à nouveau pour s'établir à 1,8 % en février. L'inflation a par la suite augmenté pour atteindre 2,4 % en mars, dans la foulée de la hausse des prix de l'énergie. Malgré tout, l'inflation s'est maintenue dans la fourchette cible de 1 à 3 % de la Banque du Canada pendant 27 mois consécutifs (graphique 21). Les mesures de l'inflation fondamentale ont baissé depuis la fin de l'année dernière et avoisinent maintenant les 2 %.
Avant le mois de mars, les prix de l'énergie avaient freiné l'inflation globale, alors qu'ils avaient baissé de 9,3 % en février, principalement en raison de la baisse des prix du pétrole au cours de 2025 et des effets persistants de l'élimination de la tarification du carbone pour les consommateurs. En mars, lorsque le conflit a éclaté, les prix de l'énergie se sont accrus de près de 4 % en glissement annuel, du fait de la flambée des prix de l'essence. En effet, le prix de détail de l'essence a augmenté abruptement : il est passé d'une moyenne nationale de 1,42 $ le litre à la fin de février à 1,81 $ le 17 avril, soit une hausse de près de 30 % à l'échelle du pays. À la suite de l'entrée en vigueur le 20 avril de la suspension temporaire de la taxe d'accise fédérale sur le carburant, le prix de l'essence a chuté de 12 cents le litre le 21 avril, ce qui indique la transmission de la mesure fiscale.
L'inflation se situe dans la fourchette cible depuis plus de deux ans
Les mesures stratégiques permettront d'alléger les pressions sur les prix du carburant
Pour aider à atténuer les pressions qu'exerce la hausse du prix du carburant, le gouvernement a annoncé la suspension temporaire de la taxe d'accise fédérale sur l'essence, le combustible diesel et les carburants d'aviation partout au Canada. Cette mesure, qui sera en vigueur du 20 avril au 7 septembre 2026 inclusivement, devrait réduire les prix à la pompe pour les Canadiens jusqu'à concurrence de 10 cents le litre pour l'essence ordinaire et de 4 cents le litre pour le combustible diesel. Cet allègement réduira aussi les dépenses d'exploitation de nombreuses entreprises.
Si la hausse des prix du pétrole s'avérait temporaire, l'inflation devrait revenir à son taux cible de 2 % d'ici la fin de l'année. D'autres pressions sur les coûts liées aux droits de douane semblent s'être atténuées, et le ralentissement de l'économie pourrait limiter les répercussions des prix élevés de l'énergie. Les pressions inflationnistes sous-jacentes avaient continué de s'atténuer à l'approche de 2026, les mesures privilégiées de la Banque du Canada liées à l'inflation fondamentale s'établissant à 2,3 % en mars, tandis que la tendance de ces mesures pointe en direction d'un recul des pressions sur les prix.
En revanche, une interruption prolongée du transport maritime dans le détroit d'Ormuz prolongerait les pressions sur les coûts. Les prix du pétrole brut resteraient élevés plus longtemps, ce qui ferait probablement monter d'autres prix, en particulier ceux des biens et services à forte consommation énergétique. À l'échelle mondiale, les pressions sur les prix des aliments s'accentueraient aussi, en raison de la hausse des coûts d'engrais et du fait que le gaz naturel provenant du Moyen-Orient est une source mondiale importante d'engrais azoté.
L'inflation s'était stabilisée plus rapidement au Canada que dans la plupart des économies comparables avant le conflit au Moyen-Orient, et la Banque du Canada a procédé à des baisses de taux totalisant 275 points de base depuis le début de 2024, soit des baisses plus importantes que celles effectuées par la Réserve fédérale américaine (graphique 22). À 2,25 %, le taux directeur était fixé de manière à soutenir l'atterrissage en douceur de l'économie canadienne. Le rendement des obligations s'est accru du fait de la réévaluation par les investisseurs des risques liés à l'inflation et aux taux d'intérêt qui découlent du conflit, mais le Canada conserve sa position avantageuse par rapport aux États-Unis en ce qui concerne les taux à long terme (graphique 23). Dans des communications récentes, la Banque du Canada a indiqué que les perspectives d'inflation étaient jalonnées de risques de baisse et de hausse. L'économie canadienne évoluait essentiellement comme l'indiquaient les prévisions les plus récentes en janvier, mais le conflit au Moyen-Orient fera grimper l'inflation à court terme.
Inflation des aliments et des loyers
Même si les mesures générales de l'inflation se sont améliorées, bien des gens au pays continuent de ressentir les pressions sur les coûts autres que ceux du carburant, notamment sur le panier d'épicerie et le logement (voir l'encadré).
En mars, l'inflation des prix des aliments était de 4,4 % en glissement annuel, ce qui montre que des facteurs globaux, structuraux et temporaires sont à l'œuvre. Une part importante des pressions récentes sur les prix est concentrée dans quelques articles — bœuf, café, confiseries et laitue — qui comptent pour environ 10 % du panier d'épicerie. En janvier 2026, les prix de ces articles affichaient une hausse de 21 % en glissement annuel, mais ils ont commencé à diminuer depuis. Si l'on exclut ces articles, l'inflation des prix des aliments était de 3,3 % en mars.
L'inflation des frais de logement a ralenti; elle s'établissait à 1,7 % en mars, se maintenant près du taux le plus bas enregistré depuis 2021 et correspondant environ à la moyenne enregistrée de 2010 à 2019. L'inflation des loyers, qui actuellement dépasse tout juste les 4 %, dénote en grande partie le rajustement du prix des loyers existants par rapport aux augmentations antérieures des prix sur le marché locatif à mesure que les locataires changent, et on prévoit qu'elle s'atténuera à mesure que la croissance de la population ralentit et que l'offre de logements locatifs augmente.
L'abordabilité s'améliore considérablement pour les Canadiens dans d'autres catégories de dépenses des ménages. À l'échelle du pays, les coûts des services de garde ont chuté de près de 30 % de 2019 à 2025, tandis que les frais de services de téléphonie cellulaire ont diminué de moitié au cours de la même période.
Pour s'attaquer au coût des aliments, le gouvernement prépare une stratégie nationale de sécurité alimentaire qui viendra faciliter l'accès à des aliments abordables et nutritifs et renforcer la résilience du Canada et sa capacité à répondre aux besoins de sa population. Le gouvernement rend par ailleurs le panier d'épicerie et d'autres biens essentiels plus abordables pour plus de 12 millions de Canadiens, grâce à la nouvelle Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels.
Le taux directeur a baissé davantage au Canada qu'aux États-Unis
Les taux à long terme demeurent moins élevés au Canada qu'aux États-Unis
Pourquoi les Canadiens ont-ils toujours l'impression d'avoir moins d'argent dans leurs poches et que fait le gouvernement pour les aider?
L'inflation se situe dans la fourchette cible établie par la Banque du Canada depuis plus de deux ans, et la croissance des salaires a dépassé l'inflation des prix pendant plus de trois ans, de sorte que de nombreux Canadiens jouissent d'un pouvoir d'achat accru. Le gouvernement a en outre apporté des changements stratégiques pour atténuer les pressions liées à certaines dépenses du quotidien, comme l'essence — par l'élimination de la tarification du carbone pour les consommateurs —, les services de garde d'enfants et les factures de téléphonie cellulaire (graphique 24). Toutefois, les dépenses essentielles — en particulier l'épicerie et le logement — ont connu une forte hausse depuis 2019, et cette hausse pèse sur les ménages, même si l'inflation demeure à l'intérieur de la fourchette cible.
Les prix élevés touchent toujours le budget des ménages
Outre la hausse récente des prix de l'essence, l'inflation des prix des aliments (panier d'épicerie et services alimentaires) est demeurée forte, à environ 4 %, un taux bien inférieur au sommet atteint durant la pandémie, mais qui demeure encore assez élevé pour faire sentir ses effets sur le budget des ménages. C'est particulièrement le cas des ménages à faible revenu, qui consacrent une large part de leur revenu à l'épicerie (environ 24 % contre plus ou moins 8 % pour les autres ménages) et ont moins de latitude pour trouver des produits de substitution moins chers.
Les prix des aliments varient énormément, et le Canada n'est pas le seul pays à faire face à une telle volatilité. Les autres économies du G7 ont vu les contraintes liées aux chaînes d'approvisionnement mondiales et la hausse des coûts de production faire grimper l'inflation des prix des aliments (graphique 25). L'augmentation des prix des produits agricoles, de l'énergie et des engrais, les perturbations des récoltes causées par les conditions météorologiques, et la faiblesse du dollar canadien à la fin de 2024 sont autant de facteurs à l'origine de la hausse des prix des aliments. Ces pressions sont amplifiées par le fait qu'au Canada, les chaînes d'approvisionnement alimentaire sont fortement intégrées. Environ 30 % des aliments sont importés au pays, et cette proportion monte à 75 % dans le cas des produits frais, dont les prix tendent à être plus volatils et à dépendre davantage des conditions météorologiques.
Les coûts du logement, surtout les loyers, ont beaucoup augmenté au cours de la phase de reprise après la pandémie. Même si l'inflation des frais de logement a reculé pour s'établir à 1,7 %, ce qui se rapproche des moyennes passées pour la première fois en cinq ans, de nombreux Canadiens tentent toujours de s'adapter aux hausses précédentes. Il est encourageant de constater que les loyers demandés baissent depuis deux ans dans de grandes villes comme Toronto et Vancouver, un signe que l'offre augmente et que la demande diminue.
Mesures prises par le gouvernement pour soutenir la population canadienne
Pour aider les Canadiens à faire face aux pressions persistantes sur les prix, le gouvernement suit une stratégie en trois volets, alliant des allègements immédiats et des réformes structurelles à long terme (pour plus d'information, voir le chapitre 2) :
- Accorder un soutien direct pour le budget des ménages – Grâce à la nouvelle Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, plus de 12 millions de Canadiens à revenu faible ou modeste recevront une aide à court terme qui les aidera à faire face à la hausse du coût de la vie. De plus, les familles comptant deux enfants économiseront 800 $ par année en épicerie grâce au Programme national d'alimentation scolaire, qui a été rendu permanent. Enfin, 22 millions de Canadiens profiteront de la réduction d'impôt pour la classe moyenne, qui permet notamment aux ménages à deux revenus d'économiser jusqu'à 840 $ par année.
- Réduire les principales pressions sur les coûts là où le gouvernement peut influer sur les prix – Le gouvernement prend des mesures pour faire baisser les prix ou en freiner la hausse dans des domaines où il dispose de solides leviers politiques (services de garde d'enfants, services de téléphonie cellulaire, prix de l'essence, certains segments des chaînes d'approvisionnement alimentaire) pour améliorer la résilience, réduire les coûts de production et renforcer les réseaux de distribution.
- S'attaquer aux facteurs structurels à l'origine de la montée du coût de la vie – Les mesures à long terme visent à stimuler la productivité, à augmenter l'offre de logements et à renforcer la concurrence. L'objectif consiste à faire croître les revenus et à réduire les pressions systémiques sur les coûts qui gardent les prix élevés. Dans le seul secteur agricole et agroalimentaire canadien, Financement agricole Canada et plus de 20 autres organisations investiront jusqu'à 7 milliards de dollars en capital d'ici 2030. Ces investissements soutiendront l'innovation, qui pourrait aider à réduire le prix des aliments. Comme il l'a annoncé en janvier, parmi d'autres mesures, le gouvernement prépare une stratégie nationale de sécurité alimentaire pour renforcer la production d'aliments au pays et améliorer l'accès à des aliments abordables et nutritifs.
Ensemble, ces mesures forment une stratégie cohérente pour rendre la vie plus abordable : une aide immédiate aux personnes qui en ont le plus besoin, des mesures ciblées pour réduire le coût de la vie au quotidien et des réformes structurelles pour améliorer l'abordabilité au fil du temps.
Des changements stratégiques ont aidé à limiter la hausse des prix de certains produits ou services
Variation des prix depuis 2019
Les autres économies du G7 ont aussi senti la hausse de l'inflation du prix des aliments
Variation des prix depuis 2019
Portrait de la situation pour les Canadiens
L'économie est demeurée stable malgré les droits de douane imposés par les États-Unis. Les entreprises s'adaptent, de nouveaux marchés s'ouvrent et les exportations se redressent, ce qui soutient l'emploi et la croissance. Cela dit, de nombreux ménages ressentent toujours les pressions liées au coût de la vie, et certains secteurs demeurent vulnérables. Les salaires sont toujours solides, mais le prix de l'essence a augmenté abruptement à l'instar des prix du pétrole, et des dépenses essentielles comme le logement et l'épicerie coûtent cher. Les loyers ont commencé à baisser dans de nombreuses régions à mesure que l'offre augmente, et le prix des habitations diminue dans certains marchés. Pour faire face à la situation, le gouvernement soutient les secteurs touchés, investit dans le logement pour améliorer l'offre et l'abordabilité, et réduit les coûts de biens et de services essentiels comme l'épicerie et les services de garde d'enfants.
Perspectives de l'économie canadienne
La croissance devrait se raffermir
Le ministère des Finances Canada mène périodiquement des enquêtes auprès d'économistes du secteur privé pour connaître leur opinion au sujet des perspectives de l'économie canadienne (voir l'annexe 1 pour plus de précisions).
Les économistes du secteur privé sondés au début de mars 2026 s'attendaient à ce que les droits de douane actuels imposés au Canada restent en place à court terme. Ils ne prévoyaient pas une reprise d'un commerce mondial largement ouvert et libre de droits de douane. À leur avis, l'incertitude demeurera élevée cette année et l'an prochain, en raison des menaces tarifaires sectorielles et de l'examen de l'ACEUM qui s'annonce complexe.
Le conflit au Moyen-Orient est venu porter un nouveau coup à l'économie canadienne, qui était déjà en train de s'adapter aux répercussions des droits de douane imposés par les États-Unis. Les économistes du secteur privé sondés au début de mars incluaient dans leurs prévisions les premières conséquences attendues du conflit au Moyen-Orient. Ils ont revu à la hausse leurs hypothèses à court terme sur les prix du pétrole brut, qui laissent désormais présager une inflation de l'IPC et du PIB plus élevée pour cette année. Les économistes ne s'attendaient pas à ce que le PIB réel ou le taux de chômage soient fortement touchés, étant donné qu'ils estimaient généralement que le conflit serait de courte durée, et donc que les prix du pétrole et l'inflation commenceraient à revenir à la normale en deuxième moitié d'année. Cela dit, la situation a continué d'évoluer et ses incidences demeurent très incertaines.
Un important écart dans les perspectives du PIB réel et du PIB nominal ressort des prévisions du secteur privé, ce qui témoigne du degré élevé d'incertitude. Cette situation s'explique par l'utilisation de différentes hypothèses, notamment quant à la trajectoire des prix du pétrole et aux répercussions des tensions commerciales et de la hausse des coûts de l'énergie sur l'économie canadienne et mondiale. L'écart de près de 2 % entre les prévisions les plus élevées et les plus faibles du PIB réel d'ici la fin de 2027 laisse entrevoir des risques de détérioration (graphique 26), du fait des préoccupations concernant la faiblesse de la demande mondiale, le resserrement des conditions financières ainsi que l'incertitude persistante pesant sur l'investissement, les exportations et les dépenses des ménages.
Pour assurer une planification encore plus prudente, le ministère des Finances Canada a évalué un éventail de résultats possibles, qui sont présentés plus loin dans la section Analyse des scénarios économiques.
Depuis le Budget de 2025, même si l'activité économique s'est montrée volatile, globalement, son rendement a été conforme aux attentes du secteur privé, tandis que le marché du travail s'est stabilisé. Bien qu'elle fût timide depuis l'imposition des droits de douane, la croissance du PIB réel a fait une remontée surprenante au troisième trimestre de 2025, avant de reculer légèrement au quatrième trimestre.
L'économie devrait continuer d'évoluer à un rythme lent en début d'année, pendant que se poursuit l'adaptation au nouvel environnement commercial. L'amélioration de la confiance, les conditions financières favorables et les investissements dans les infrastructures publiques devraient inciter les entreprises à explorer de nouveaux marchés et à accroître les dépenses en capital, ce qui favorisera la hausse des exportations et des investissements. L'accélération de l'activité économique devrait dynamiser le marché du travail, et la forte croissance des salaires viendra soutenir la consommation des ménages. Les prévisionnistes du secteur privé s'attendaient à ce que le PIB réel progresse d'environ 2 % d'ici la fin de l'année (graphique 27).
Les économistes du secteur privé perçoivent des risques de détérioration
Projections du niveau du PIB réel
Dans l'ensemble, les prévisionnistes du secteur privé s'attendaient à ce que le PIB réel progresse de 1,1 % en 2026 et de 1,9 % en 2027, comparativement aux projections de 1,2 % et de 2,0 %, respectivement, dans le Budget de 2025. Selon le FMI, la position du Canada devrait demeurer solide à l'échelle internationale, alors qu'il se classe au deuxième rang des pays du G7 au chapitre de la croissance pour les deux prochaines années.
L'inflation du PIB devait se situer en moyenne à 2,8 % en 2026 et à 1,8 % en 2027, comparativement aux projections de 1,8 % et de 2,0 %, respectivement, dans le Budget de 2025. Ainsi, le PIB nominal devait excéder celui prévu dans le Budget de 2025 de 31 milliards de dollars par année en moyenne de 2025 à 2029, ce qui témoigne de résultats supérieurs aux attentes en deuxième moitié de 2025 et de la perspective d'une inflation du PIB à court terme plus élevée en raison de la hausse des prix du pétrole (graphique 28). Malgré ces améliorations, les prévisionnistes continuent de s'attendre à un ralentissement persistant de la capacité de production du Canada en raison de la baisse des investissements des entreprises et des réorganisations sectorielles à la suite des mesures tarifaires. Par conséquent, le PIB réel devrait demeurer de 1,6 % inférieur à celui prévu d'ici 2029 dans l'Énoncé économique de l'automne de 2024, soit avant l'imposition de droits de douane.
Selon les économistes du secteur privé sondés en mars :
- Les prix du pétrole brut WTI devraient connaître un recul par rapport aux sommets de près de 100 $ US le baril au début du conflit au Moyen-Orient et atteindre en moyenne 80 $ US le baril au deuxième trimestre de cette année (soit 15 $ US le baril de plus que les prévisions du Budget de 2025). Le prix du pétrole devrait avoisiner les 73 $ US le baril en 2026, comparativement aux 65 $ US le baril prévus dans le Budget de 2025. Il devrait ensuite baisser pour s'établir à 66 $ US le baril en 2027, un prix semblable à celui prévu dans le Budget de 2025.
- L'inflation de l'IPC devrait atteindre 2,5 % en moyenne en 2026 et 1,9 % en 2027 (comparativement à 2,0 % pour les deux années dans le Budget de 2025). L'inflation devrait ensuite se situer à 2,0 % à partir de 2028, le même taux qui était prévu dans le Budget de 2025.
- Le taux de chômage devrait atteindre 6,5 % en moyenne en 2026, un taux moindre que celui de 6,8 % prévu dans le Budget de 2025, et continuer de baisser jusqu'à 6,0 % d'ici 2029, soit le même taux que celui prévu dans le Budget de 2025.
- La Banque du Canada devrait maintenir son taux directeur à 2,25 % tout au long de l'année 2026. Sous l'effet de la reprise de l'économie, les taux d'intérêt à court terme devraient ensuite commencer à monter au début de 2027 pour atteindre 2,7 % d'ici 2028, des taux légèrement supérieurs aux prévisions du Budget de 2025. Les taux d'intérêt à court terme devraient s'établir à 2,6 % d'ici 2029, soit le même taux que celui prévu dans le Budget de 2025.
- Le taux des obligations du gouvernement à 10 ans devrait croître pour passer d'un taux moyen de 3,4 % en 2026 à 3,6 % en 2027, puis à 3,7 % à partir de 2028, soit environ 10 points de base de plus que ce qui était prévu dans le Budget de 2025.
- Aux États-Unis, les investissements dans l'IA et la forte consommation, en partie soutenus par la vigueur des marchés boursiers, stimulent la croissance. Si la croissance du PIB réel aux États-Unis a été revue à la hausse et devrait atteindre 2,4 % en 2026, les prévisions de croissance de l'économie canadienne à court terme n'ont pas été revues à la hausse.
L'analyse des scénarios ci-dessous et l'encadré de l'annexe 1 intitulé « Sensibilité de l'incidence économique et budgétaire à la hausse des prix du pétrole » montrent que les résultats de l'enquête de mars varient en fonction de différentes hypothèses macroéconomiques.
Projections de croissance du PIB réel
Projections du niveau du PIB nominal
Portrait de la situation pour les Canadiens
L'économie devrait continuer à croître, mais l'incertitude mondiale accrue se répercute sur les perspectives, ce qui comprend les tensions commerciales et les risques géopolitiques qui perdurent. Les économistes du secteur privé s'attendent généralement à une croissance vigoureuse continue pour les deux prochaines années, bien que les prévisions varient largement et que le Canada n'est pas à l'abri de l'actuel choc énergétique mondial. Même si la hausse des prix du pétrole fera augmenter l'inflation à court terme, les conditions économiques demeurent stables dans l'ensemble et le marché du travail continue de se maintenir. Afin d'améliorer l'abordabilité et les perspectives d'emploi à long terme, le gouvernement s'efforce de mettre en place les conditions qui permettent aux entreprises d'investir, de croître et de soutenir l'emploi, en favorisant un environnement économique stable, compétitif et résilient alors que le Canada s'adapte à l'incertitude croissante du contexte mondial.
Analyse des scénarios économiques
En raison du conflit en cours au Moyen-Orient ainsi que de l'incertitude liée aux droits de douane et au commerce, des risques élevés pèsent sur les perspectives. Le ministère des Finances Canada a consulté des économistes du secteur privé afin de mesurer les risques entourant les prévisions issues de l'enquête de mars, notamment en ce qui concerne la trajectoire future des prix du pétrole. Bien que les risques proviennent de plusieurs sources, les scénarios qui suivent — même s'ils ne sont pas exhaustifs — reposent principalement sur deux visions de l'évolution du conflit au Moyen-Orient et de la propagation de ses effets par le biais des marchés de l'énergie, des chaînes d'approvisionnement, de la demande mondiale et des conditions sur les marchés financiers. Ces scénarios ont aidé à mesurer les risques entourant les prévisions de référence pour favoriser une planification budgétaire prudente.
Depuis la tenue de l'enquête, l'évolution des marchés de l'énergie laisse entrevoir une légère amélioration des perspectives à court terme des prix du pétrole. Cette évolution laisse croire que les prix du pétrole brut WTI pourraient avoisiner les 80 $ US en 2026, soit près de 10 $ US de plus que le niveau supposé par les économistes du secteur privé sondés en mars. Sur la base de cette sensibilité aux incidences économiques et budgétaires de la hausse des prix du pétrole (voir l'encadré « Sensibilité de l'incidence économique et budgétaire à la hausse des prix du pétrole » à l'annexe 1), cette trajectoire haussière améliorerait le solde budgétaire fédéral d'environ 1,9 milliard de dollars. Cela dit, l'incidence des prix du pétrole sur les perspectives économiques et budgétaires dépendra de l'évolution d'autres variables macroéconomiques, comme les taux d'intérêt et la demande mondiale.
Plus de précisions sur les perspectives économiques, l'analyse des scénarios et la sensibilité des principales variables économiques aux fluctuations du prix du pétrole figurent à l'annexe 1.
Scénario d'investissement accru
Dans le scénario d'investissement accru, la perturbation prolongée de l'offre mondiale de pétrole provoque une augmentation des prix du pétrole brut WTI, qui plafonnent autour de 115 $ US le baril au deuxième trimestre de 2026. Les prix demeurent élevés pendant une longue période, en raison des contraintes d'approvisionnement persistantes, des risques géopolitiques accrus et d'une lente adaptation de l'offre.
Les prix élevés du pétrole font grimper l'inflation et freinent l'activité mondiale. Néanmoins, en tant qu'exportateur net de pétrole, le Canada profite de termes de l'échange plus avantageux et voit son revenu national augmenter. De plus, dans un contexte où perdurent les risques géopolitiques et l'incertitude au Moyen-Orient, le Canada est perçu comme une source fiable de produits énergétiques, ce qui fait augmenter la demande de pétrole brut canadien. La hausse des prix du pétrole au cours de la période de projection, la demande mondiale soutenue à l'égard d'un approvisionnement énergétique sûr, ainsi que les mesures des pouvoirs publics visant à accélérer les grands projets et à mobiliser de nouveaux investissements privés font croître les investissements dans le secteur pétrolier et gazier et dans d'autres industries, qui génèrent des retombées positives pour l'ensemble de l'économie par l'augmentation de l'emploi et des revenus, ce qui aide à atténuer le ralentissement causé par l'affaiblissement de l'activité mondiale.
Par conséquent, la croissance du PIB réel au Canada est un peu plus élevée, en moyenne, que celle prévue dans l'enquête du mois de mars (graphique 29), de sorte que le niveau du PIB réel devrait être supérieur de 0,4 % au niveau de référence d'ici 2030. À la faveur de la hausse des prix du pétrole, le PIB nominal est supérieur de 37 milliards de dollars par année, en moyenne, par rapport aux prévisions issues de l'enquête (graphique 30).
Scénario de perturbation de l'approvisionnement mondial
Dans le scénario de perturbation de l'approvisionnement mondial, les exportations qui demeurent limitées à partir du Moyen-Orient et les dommages causés à des infrastructures énergétiques essentielles aggravent les pénuries de produits de base mondiaux qui se répercutent plus largement sur les chaînes d'approvisionnement. Les chaînes d'approvisionnement du monde entier sont mises à rude épreuve, tandis que la hausse des coûts de l'énergie et la perturbation prolongée des expéditions plombent la production et le commerce. La persistance des tarifs d'assurance élevés pour l'expédition et le transport de marchandises fait aussi grimper les prix des produits de base qui doivent obligatoirement emprunter des voies de navigation touchées au Moyen-Orient, ce qui accentue les pressions secondaires sur les coûts.
Ces développements ne font qu'aggraver les pressions inflationnistes dans le monde entier. Les politiques monétaires mondiales sont plus restrictives, tandis que les marchés tablent sur une hausse des risques d'inflation, ce qui contribue à ralentir d'autant plus l'activité mondiale. La montée des tensions géopolitiques contribue aussi à resserrer les conditions de financement, à faire diminuer le prix des actifs ainsi qu'à ébranler la confiance des consommateurs et des entreprises. En plus des droits de douane auxquels elle doit continuellement s'adapter, l'économie canadienne n'est pas épargnée : le PIB réel national est plombé par la baisse de la consommation, des investissements, des exportations et de la productivité. L'incertitude structurelle entourant la demande énergétique future se traduit par des investissements relativement faibles des producteurs d'énergie canadiens, malgré la hausse des prix du pétrole.
La croissance réelle au Canada s'engage sur une trajectoire plus lente, où le PIB réel devrait être inférieur de 1,3 % au creux prévu pour 2028 dans l'enquête du mois de mars. Le PIB nominal demeure supérieur au niveau de référence pour les deux premières années de l'enquête (de 37 milliards de dollars et de 16 milliards de dollars, respectivement), en raison des effets de la hausse des prix du pétrole sur les termes de l'échange. Toutefois, à mesure que les prix se normalisent, la faiblesse de l'activité économique se répercute sur le niveau du PIB nominal, qui chute de 9 milliards de dollars par année, en moyenne, par rapport au niveau de référence, de 2028 à 2030.
Projections de croissance du PIB réel
Écart du PIB nominal par rapport à la Mise à jour économique du printemps de 2026
Aperçu de la situation budgétaire
Le Budget de 2025 a marqué un changement stratégique dans la façon dont le gouvernement gère les finances publiques, afin d'axer l'augmentation des dépenses en capital fédérales sur la mobilisation d'investissements, tout en assurant une gestion budgétaire responsable. En prévoyant d'importants investissements dans les infrastructures, l'innovation et le développement des capacités industrielles nationales, le Budget de 2025 a établi un plan clair pour bâtir l'économie la plus forte du G7.
Ce plan budgétaire demeure ancré dans la gestion responsable des finances publiques – pas pour la forme, mais bien pour créer la capacité d'investir dans le dynamisme économique et l'autonomie à long terme du Canada. Conformément à cette approche, les décisions figurant dans la présente Mise à jour économique du printemps sont guidées par les deux cibles budgétaires du gouvernement : équilibrer les dépenses de fonctionnement et les revenus d'ici 2028-2029 et maintenir le ratio du déficit au PIB sur une trajectoire descendante.
De plus, le gouvernement demeure résolu à mettre en œuvre avec rigueur les mesures prévues dans le Budget de 2025 pour accroître l'efficience, notamment l'examen exhaustif des dépenses, qui, conjugué à d'autres mesures annoncées, permettra de réaliser des économies et des revenus totalisant 60 milliards de dollars sur cinq ans. Maintenant que la mise en application de ces mesures est déjà bien avancée, il s'agit désormais de faire porter les efforts sur la réalisation en continu d'examens horizontaux ciblés, en commençant par l'objectif de restreindre les dépenses consacrées aux services de conseillers externes en gestion et dans d'autres domaines. Ces mesures, qui sont difficiles à prendre mais nécessaires, continueront à soutenir l'objectif du gouvernement de moins dépenser afin d'investir plus dans les Canadiens.
Perspectives budgétaires
Bien que l'incertitude demeure élevée, l'économie canadienne s'est montrée résiliente et la hausse des prix du pétrole a amélioré les termes de l'échange. La moyenne des prévisions issues de l'enquête de mars auprès du secteur privé — sur laquelle reposent les projections de cette mise à jour — indique une augmentation de plus de 30 milliards de dollars par année du niveau du PIB nominal de 2025 à 2029 par rapport à ce qui était prévu dans le Budget de 2025. Cette situation, conjuguée aux résultats cumulés depuis le début de l'exercice, se traduit par l'amélioration des perspectives budgétaires, les revenus budgétaires étant plus élevés de 7,2 milliards de dollars annuellement en moyenne par rapport aux projections antérieures. Combinés à la baisse des dépenses projetées, ces résultats se traduisent par une amélioration moyenne du solde budgétaire d'environ 12,1 milliards de dollars annuellement, avant les nouvelles mesures, par rapport au Budget de 2025.
Le coût net des mesures comprises dans la présente Mise à jour économique du printemps s'élève à 37,5 milliards de dollars sur six ans, à compter de 2025-2026, dont une proportion de 45 % sera consacrée à réduire les coûts pour les Canadiens au moyen de l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, de mesures visant à augmenter l'offre de logements et de la suspension temporaire de la taxe d'accise fédérale sur le carburant.
En tenant compte de l'évolution de la situation économique et budgétaire, des mesures prévues dans la Mise à jour économique du printemps et des mesures stratégiques prises depuis le Budget de 2025, le déficit projeté, à 2,1 % du PIB pour 2025-2026, devrait désormais s'élever à 66,9 milliards de dollars, soit 11,5 milliards de dollars de moins que celui indiqué dans le Budget de 2025. Le déficit devrait diminuer à 53,2 milliards de dollars, ou à 1,4 % du PIB, d'ici 2030-2031, ce qui respecte la cible budgétaire. De même, le ratio de la dette fédérale au PIB devrait demeurer relativement stable de 2027-2028 à 2030-2031, et de plus d'un point de pourcentage inférieur au ratio prévu dans le Budget de 2025.
| Projections | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2024-2025 | 2025-2026 | 2026-2027 | 2027-2028 | 2028-2029 | 2029-2030 | 2030-2031 | |
| Solde budgétaire – Budget de 2025 | -36,3 | -78,3 | -65,4 | -63,5 | -57,9 | -56,6 | |
| Évolution de la situation économique et budgétaire depuis le Budget de 2025 | 17,7 | 15,7 | 10,7 | 8,6 | 7,6 | ||
| Solde budgétaire avant les mesures stratégiques | -36,3 | -60,6 | -49,7 | -52,8 | -49,3 | -49,0 | -46,4 |
| Mesures stratégiques prises depuis le Budget de 2025 | -1,3 | -4,4 | -4,0 | -2,8 | -2,4 | -2,1 | |
| Mise à jour de 2026 (par chapitre) | |||||||
| 1. Bâtir le Canada : Tous pour le Canada | 0,0 | -2,8 | -2,3 | -2,0 | -1,4 | -1,4 | |
| 2. Des mesures bénéfiques pour les Canadiens : Un Canada pour tous | -4,9 | -8,5 | -4,1 | -3,6 | -3,4 | -3,2 | |
| Total partiel – Mesures de la Mise à jour de 2026 | -4,9 | -11,3 | -6,3 | -5,6 | -4,8 | -4,6 | |
| Total – Mesures stratégiques prises depuis le Budget de 2025 et mesures de la Mise à jour de 2026 | -6,2 | -15,7 | -10,3 | -8,4 | -7,1 | -6,8 | |
| Solde budgétaire | -36,3 | -66,9 | -65,3 | -63,1 | -57,7 | -56,2 | -53,2 |
| Solde budgétaire (% du PIB) | -1,2 | -2,1 | -1,9 | -1,8 | -1,6 | -1,5 | -1,4 |
| Dette fédérale (% du PIB) | 40,7 | 41,1 | 41,5 | 41,8 | 41,9 | 41,8 | 41,6 |
| Solde budgétaire – Budget de 2025 | -36,3 | -78,3 | -65,4 | -63,5 | -57,9 | -56,6 | |
| Solde budgétaire (% du PIB) | -1,2 | -2,5 | -2,0 | -1,9 | -1,6 | -1,5 | |
| Dette fédérale (% du PIB) | 41,2 | 42,4 | 43,1 | 43,3 | 43,3 | 43,1 | |
Nota – Un nombre négatif indique une détérioration du solde budgétaire (en raison d'une baisse des revenus ou d'une augmentation des charges). Un nombre positif indique une amélioration du solde budgétaire (en raison d'une hausse des revenus ou d'une baisse des charges). |
|||||||
Aperçu des investissements en capital
La Mise à jour économique du printemps de 2026 poursuit l'accroissement des investissements en capital du gouvernement fédéral, notamment par une somme de 225 millions de dollars sur cinq ans destinée au Programme pour la formation et l'innovation en milieu syndical pour moderniser des centres de formation gérés par des syndicats ainsi que des investissements pour appuyer davantage l'offre de logements aux Autochtones. Conformément aux cibles budgétaires du gouvernement, les investissements en capital représenteront la totalité du déficit budgétaire d'ici 2028-2029 (graphique 31). Le gouvernement continuera de fournir un soutien considérable aux Canadiens qui sont aux prises avec des difficultés économiques.
Diminuer les dépenses pour investir davantage
Investissements en capital et solde de fonctionnement courant, en % du déficit
Examens horizontaux permanents
Le gouvernement s'est engagé résolument à faire preuve de rigueur budgétaire. Dans le Budget de 2025, il a mis en œuvre les conclusions de l'examen exhaustif des dépenses afin de réduire les inefficiences opérationnelles et de réaffecter les ressources aux priorités. Il se concentre maintenant sur les possibilités horizontales qui vont au-delà de la portée individuelle des ministères, notamment les marchés d'approvisionnement fédéraux, les services externes de conseillers en gestion ainsi que les examens thématiques de programmes horizontaux, dont un examen des programmes d'acquisition des compétences et ceux destinés aux jeunes, dans le but d'améliorer les services.
Le gouvernement a récemment lancé l'examen des marchés du gouvernement fédéral, dans le cadre duquel les marchés à plus forte valeur font l'objet d'un examen visant à déterminer les réductions de coûts possibles et à trouver d'autres stratégies de tarification. Le gouvernement ne se contentera plus d'obtenir un bon prix, car les Canadiens méritent d'obtenir le meilleur prix. L'établissement des prix des marchés s'appuiera sur les pratiques exemplaires et la comparaison des prix à l'échelle mondiale. Une approche de type « Équipe Canada », combinant le pouvoir d'achat des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, sera mise à profit dans la mesure du possible.
Dans un premier temps, dans la Mise à jour économique du printemps de 2026, le gouvernement se concentre sur la réduction du recours aux services externes de conseillers en gestion et autres, en s'appuyant davantage sur les talents existants au sein de la fonction publique. Les dépenses totales consacrées aux services de conseillers en gestion et autres se chiffraient à environ 5 milliards de dollars en 2024-2025, tandis que les dépenses totales en services professionnels et spéciaux représentaient environ 23,1 milliards de dollars. Plus particulièrement :
- Comme il l'a annoncé dans le Budget de 2025, le gouvernement propose, dans la Mise à jour économique du printemps de 2026, de réduire les dépenses consacrées aux services externes de conseillers en gestion et autres de 20 % sur les trois prochaines années, dans le but de réaliser des économies de 450 millions de dollars en 2027-2028 et de 900 millions de dollars par année à compter de 2028-2029. La mise en œuvre de cette mesure permettra d'appuyer les priorités du gouvernement en matière de défense, tout en renforçant les capacités internes et en accélérant le perfectionnement de compétences au sein de la fonction publique. De plus amples renseignements sur les services professionnels et spéciaux figurent à l'annexe 1.
Les sommes économisées contribueront à l'engagement pris dans le Budget de 2025 de réaliser des économies d'au moins 7,75 milliards de dollars sur trois ans à compter de 2027-2028 et de 3,25 milliards de dollars par la suite en optimisant la productivité du gouvernement.
Les résultats d'autres examens seront présentés dans le Budget de 2026, alors que les examens horizontaux ciblés deviendront un processus permanent et prévisible utilisé pour resserrer la gestion des dépenses.
Analyse des scénarios économiques
L'économie canadienne est demeurée résiliente dans un contexte d'incertitude persistante à l'échelle mondiale. Néanmoins, l'évolution récente de la situation au Moyen-Orient et la hausse des prix du pétrole ont entraîné des risques considérables à court terme pour les économies du monde entier.
Pour favoriser une planification budgétaire prudente à la lumière des prévisions de l'enquête de mars auprès du secteur privé, tout particulièrement en ce qui concerne l'évolution des prix du pétrole, et pour soumettre ses prévisions de référence à des simulations de crise, le ministère des Finances Canada a élaboré deux scénarios économiques. Dans les deux scénarios, la perturbation prolongée de l'offre mondiale de pétrole provoque une augmentation des prix du pétrole brut WTI, qui plafonnent autour de 115 $ US le baril au deuxième trimestre de 2026, et les prix du pétrole demeurent plus élevés que les prévisions de l'enquête de mars pendant une longue période, en raison des perturbations persistantes, des risques géopolitiques accrus et d'une lente adaptation de l'offre.
Dans le scénario d'investissement accru, l'augmentation de la demande mondiale à l'égard de sources d'énergie sûres et fiables favorise une hausse des investissements au Canada. Dans ce scénario, le solde budgétaire s'améliorerait d'environ 5,7 milliards de dollars en 2026-2027 et de 3,2 milliards de dollars en moyenne durant le reste de la période de projection (graphique 32). Le ratio de la dette fédérale au PIB diminuerait pour atteindre 40,7 % en 2026-2027, puis s'élèverait à 40,9 % en 2030-2031 (graphique 33).
Dans le scénario de perturbation de l'approvisionnement mondial, le conflit au Moyen-Orient perturbe les chaînes d'approvisionnement mondiales et mène à un resserrement des conditions financières mondiales, ce qui pèse sur l'activité économique et entraîne une détérioration du solde budgétaire. Dans ce scénario, le déficit diminuerait initialement d'environ 3,1 milliards de dollars en 2026-2027 en raison des revenus accrus découlant de la hausse des prix du pétrole, mais augmenterait ensuite de 3,5 milliards de dollars par année en moyenne durant le reste de la période de projection (graphique 32). Le ratio de la dette fédérale au PIB diminuerait initialement pour atteindre 41,0 % en 2026-2027, mais remonterait à 42,0 % en 2030-2031 (graphique 33).
L'annexe 1 présente plus de renseignements sur les perspectives budgétaires du gouvernement, l'incidence budgétaire des scénarios et la sensibilité des projections budgétaires à la hausse des prix du pétrole.
Déficit fédéral selon les scénarios économiques
Ratio de la dette fédérale au PIB selon les scénarios économiques
Préserver la viabilité des finances publiques pour les générations à venir
Alors que l'ancien ordre multilatéral s'affaiblit et que le contexte mondial devient plus fragmenté et incertain, le gouvernement se concentre sur ce qu'il peut contrôler : faire des investissements ciblés qui produiront beaucoup de retombées pour les Canadiens et l'économie, tout en assurant la viabilité des finances publiques.
Cette approche est rigoureuse et intentionnelle. Le fait de veiller à ce que les fonds publics soutiennent des mesures à forte portée qui produisent des retombées économiques durables, tout en réduisant les dépenses de fonctionnement du gouvernement, mettra le Canada en bonne position pour maintenir sa capacité économique et financière à long terme.
Le gouvernement propose un plan économique viable sur le plan budgétaire. Les scénarios de modélisation élaborés par le ministère des Finances Canada indiquent que le ratio de la dette fédérale au PIB suivra une trajectoire à la baisse à long terme (graphique 34). Une analyse de sensibilité sur ces projections budgétaires à long terme donne à penser que le ratio de la dette fédérale au PIB diminuerait aussi d'ici la fin de la période de projection dans le cadre du scénario de perturbation de l'approvisionnement mondial.
Il est essentiel de préserver la capacité budgétaire pour pouvoir gérer les pressions futures, notamment les récessions, les dépenses additionnelles en matière de défense, le vieillissement de la population, les changements climatiques et la transition vers la carboneutralité.
Projections à long terme de la dette fédérale
L'avantage financier du Canada
À l'échelle mondiale, l'instabilité géopolitique, les transformations économiques structurelles et l'intensification de la concurrence forcent les gouvernements à repenser leur façon de réagir aux facteurs défavorables et à renforcer la résilience pour l'avenir. Le statu quo n'est pas une option, car l'inaction et les investissements insuffisants se traduisent par d'importantes répercussions, dont un ralentissement de la croissance, une diminution de la compétitivité et un affaiblissement de la sécurité.
Le Canada est en excellente position pour transformer cette période d'incertitude mondiale en des possibilités à l'échelle nationale.
- Le ratio de la dette nette au PIB du pays s'élève à tout juste 10,2 %, comparativement au ratio moyen de 101,8 % des pays du G7 (excluant le Canada) (graphique 35).
- Le fardeau de la dette nette du Canada est plus faible aujourd'hui que dans tout autre pays du G7, et même inférieur au ratio de la dette de ces pays avant la pandémie.
- Le Canada a également l'un des déficits les plus faibles du G7 en proportion de l'économie (graphique 36).
Cet avantage financier donne au gouvernement la capacité et la responsabilité d'agir de manière à bâtir une économie plus forte, pour rendre la vie plus abordable et créer des emplois bien rémunérés au pays et nous permettre de prendre soin les uns des autres et de décider de notre avenir.
Dette nette de tous les ordres de gouvernement, pays du G7
Solde budgétaire de tous les ordres de gouvernement, pays du G7
La situation budgétaire du Canada se démarque aussi par rapport à 30 autres économies avancées, en affichant un ratio du déficit au PIB plus bas que la moyenne et l'un des plus bas ratios de la dette nette au PIB du groupe (graphiques 37 et 38).
Le Canada est aussi l'une des deux seules économies du G7, avec l'Allemagne, à maintenir une cote AAA auprès de grandes agences de notation de crédit mondiales. Cette cote AAA assure la confiance des investisseurs et contribue à garder les coûts d'emprunt aussi bas que possible.
Dans un contexte mondial incertain, le gouvernement se concentre sur ce qu'il peut contrôler : produire des retombées économiques durables pour les Canadiens tout en renforçant la rigueur budgétaire, afin que le Canada conserve son avantage financier dans l'avenir.
Solde budgétaire de tous les ordres de gouvernement, économies avancées
Dette nette de tous les ordres de gouvernement, économies avancées
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