Aperçu de la situation économique et budgétaire
Un Canada plus fort et plus indépendant, où le coût de la vie est plus abordable
Le monde devient de plus en plus complexe, incertain et fragmenté. Les tensions géopolitiques grandissantes, les liens commerciaux qui se réorientent et les conflits au Moyen-Orient et en Europe perturbent les chaînes d'approvisionnement mondiales et viennent remettre en question des principes tenus pour acquis quant à l'intégration économique. Dans un même temps, les avancées technologiques, tout particulièrement en intelligence artificielle (IA) et en informatique quantique, transforment rapidement les économies, les industries et les marchés du travail. Ces différentes forces redessinent l'économie mondiale et accélèrent les changements économiques.
Le nouveau gouvernement du Canada a hérité d'une économie aux prises avec des défis structurels de longue date. Pendant la majeure partie des 10 dernières années, la croissance de la productivité a été faible, les investissements du secteur privé ont été à la traîne et les pressions liées au coût de la vie se sont intensifiées. La croissance économique reposait fortement sur la croissance démographique plutôt que sur les gains de productivité, tandis que le Canada demeurait excessivement dépendant à l'égard des États-Unis.
Dans un contexte de grande incertitude commerciale et économique dans le monde, le nouveau gouvernement du Canada relève ces défis et jette les bases d'une économie plus forte et indépendante. Depuis le début de son mandat au printemps 2025, le gouvernement s'efforce d'accélérer les grands projets, de renforcer le commerce intérieur, d'attirer des capitaux et de diversifier ses relations économiques. L'objectif consiste à mener une transformation structurelle pour augmenter la productivité, renforcer la sécurité économique et créer de meilleures possibilités et un niveau de vie plus élevé pour les Canadiennes et les Canadiens.
Le Canada dispose d'avantages considérables sur lesquels s'appuyer. Il bénéficie de ressources naturelles abondantes, d'une main-d'œuvre hautement qualifiée, d'établissements de recherche de calibre mondial, de finances publiques solides, d'un accès fiable aux marchés mondiaux et d'institutions auxquelles les investisseurs peuvent se fier. Dans un monde où la stabilité, la sécurité et l'accès fiable aux marchés sont de plus en plus importants, ces atouts offrent au Canada une base solide pour assurer sa compétitivité et sa prospérité.
La transformation en cours ne produira pas toutes ses retombées du jour au lendemain. Cependant, malgré un contexte mondial difficile, l'économie canadienne fait preuve d'une résilience notable. Au deuxième trimestre de 2026, le produit intérieur brut (PIB) réel a augmenté de 3,3 % (taux annualisé), la progression la plus rapide du G7. Les données récentes suggèrent que l'économie est également demeurée relativement résiliente au troisième trimestre. Le revenu disponible réel est en hausse, les dépenses des ménages demeurent résilientes en dépit des pressions liées au coût de la vie, et les travailleurs canadiens ont accès à plus de possibilités.
L'emploi privé a connu une hausse de 214 000 au cours de la dernière année, tandis que le taux de chômage s'établit à 6,5 %, près de son plus bas niveau en deux ans. Le taux d'activité global des Canadiens sur le marché du travail demeure élevé et bien supérieur au taux enregistré aux États-Unis, tout comme l'est celui des femmes. Depuis le début de 2025, le Canada a créé près de deux fois plus d'emplois par habitant que les États-Unis. La forte croissance des revenus du travail, combinée à des mesures ciblées pour alléger le coût de la vie, comme l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, a contribué à accroître le revenu disponible réel par habitant de près de 5 % (taux annualisé) au deuxième trimestre de 2026, le portant à un niveau supérieur de 1 % à celui d'un an plus tôt.
Certains signes indiquent que l'abordabilité du logement s'améliore. La construction résidentielle vigoureuse et les mesures visant à mieux harmoniser les niveaux d'immigration avec la capacité des infrastructures contribuent à rééquilibrer les marchés du logement. Pour les acheteurs éventuels, les propriétés deviennent plus accessibles en raison de la baisse des prix des maisons et de la croissance continue des revenus. Par ailleurs, les loyers demandés ont diminué. Ces améliorations représentent d'importants progrès après des années où le coût du logement a augmenté plus rapidement que les revenus, même si pour trop de Canadiens encore, les coûts liés au logement demeurent trop élevés.
L'économie affiche déjà des progrès

Nous accélérons ces progrès grâce à des mesures qui laissent plus d'argent dans les poches des Canadiens et réduisent le coût de biens essentiels, comme la réduction d'impôt pour la classe moyenne, l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, la suspension temporaire de la taxe d'accise fédérale sur le carburant, l'allègement de la TPS à l'achat d'une habitation neuve et les services de garde d'enfants plus abordables. Conjuguées à la création d'emplois et à la hausse des salaires réels, ces mesures aident les ménages en accroissant leur revenu disponible tout en faisant baisser leurs factures, ce qui allège les pressions liées au coût de la vie.
Les entreprises canadiennes s'adaptent aussi à des changements structurels importants, notamment la transformation des liens commerciaux entre le Canada et les États-Unis ainsi que le ralentissement de la croissance démographique. Les entreprises canadiennes trouvent de nouveaux clients partout dans le monde, renforcent leurs chaînes d'approvisionnement, adoptent de nouvelles technologies et développent de nouvelles sources de croissance. Les investissements des entreprises ont connu leur croissance la plus rapide des deux dernières années au deuxième trimestre de 2026, alors que les exportations canadiennes se diversifient de plus en plus. Des signes encourageants indiquent également que la croissance de la productivité commence à s'améliorer après plusieurs années de faiblesse. Ces ajustements soutiennent la reprise et donnent les premiers signes d'une économie plus productive, compétitive et indépendante.
La résilience de l'économie canadienne favorise une situation budgétaire qui dépasse les prévisions. Le déficit en 2025-2026 devrait être inférieur de 27,5 milliards de dollars à ce qui était prévu dans la Mise à jour économique du printemps de 2026. La gestion rigoureuse des dépenses de fonctionnement donne plus de latitude pour réaliser des investissements en capital susceptibles d'élargir la capacité de production au pays. Jumelés au virage opéré par le Canada pour diversifier ses exportations, ces investissements soutiendront la croissance de la productivité et la hausse des salaires à long terme. Selon les projections, le ratio du déficit au PIB du Canada devrait demeurer parmi les plus faibles du G7. Au niveau fédéral, nous sommes désormais en voie d'équilibrer les dépenses de fonctionnement et les revenus en 2027-2028, soit un an plus tôt que prévu.
Les défis à relever demeureront nombreux dans les années à venir. Les plus récentes mesures commerciales prises par les États-Unis se répercutent sur les entreprises, les travailleurs et les communautés. Après s'être raffermie jusqu'au milieu de l'année, la croissance devrait ralentir au quatrième trimestre de 2026 et au début de 2027, le temps que l'économie s'adapte, mais les économistes du secteur privé s'attendent à ce que la croissance de l'économie canadienne se poursuive. Elle devrait se renforcer au cours de 2027 à mesure que les exportations se redresseront et que les investissements des entreprises augmenteront. Selon le Fonds monétaire international (FMI), le Canada devrait se classer au deuxième rang des économies du G7 au chapitre de la croissance en 2027 (graphique 1). Les investissements en capital annoncés dans le Budget de 2026 devraient consolider cette position en soutenant les perspectives de croissance du Canada.
Le FMI prévoit que le Canada se classera au deuxième rang du G7 pour la croissance en 2027
Dans un monde plus incertain, la prospérité continue du Canada ne peut dépendre d'un seul marché, d'une seule chaîne d'approvisionnement ou d'une seule relation commerciale. C'est pourquoi le gouvernement du Canada bâtit une économie plus forte et indépendante. Pour ce faire, il faut établir une base plus solide au pays, notamment en augmentant les investissements, la productivité et la compétitivité et en permettant aux biens, aux services et aux travailleurs de circuler plus librement dans tout le pays.
Il faut aussi bâtir un vaste réseau de relations plus solides à l'étranger. Les entreprises canadiennes doivent pouvoir élargir leurs bassins de clients, accéder à des marchés en croissance rapide et créer des chaînes d'approvisionnement plus résilientes. La diversification prendra du temps, étant donné l'ampleur et la profondeur des relations économiques entre le Canada et les États-Unis. Mais le changement est en cours, et le Canada dispose des ressources, de l'expertise et des relations de confiance nécessaires pour être compétitif dans une économie mondiale en évolution.
Les investisseurs mondiaux recherchent de plus en plus la combinaison d'atouts du Canada, qui allie rendements intéressants, chaînes d'approvisionnement sûres, accès fiable au marché et stabilité à long terme. Les investisseurs reconnaissent ces avantages : le Canada a enregistré le plus d'investissements directs étrangers par habitant parmi les pays du G7 depuis 2025, dépassant largement le pays suivant dans le classement, et il a été classé comme le pays le plus attractif au monde pour les investissements dans les infrastructures.
Lors du Sommet canadien de l'investissement, les investisseurs, les institutions financières et les entreprises ont annoncé près de 500 milliards de dollars en engagements de financement et d'investissement. Ce montant comprend environ 325 milliards de dollars de financement par des banques, près de 100 milliards de dollars en engagements financiers de fonds de pension, d'assureurs et d'investisseurs institutionnels, et plus de 14 milliards de dollars d'engagements financiers de fonds d'investissement. En marge du Sommet, Bell Canada a également annoncé un investissement en capital de 52,5 milliards de dollars dans un centre d'infrastructure d'IA en Saskatchewan.
Ces engagements à mobiliser du financement et à investir au Canada témoignent de la confiance dans notre potentiel économique et contribueront à l'atteinte de notre objectif plus vaste consistant à mobiliser 500 milliards de dollars en nouveaux investissements en capital du secteur privé et un total de 1 000 milliards de dollars en investissements en capital sur cinq ans.
Les occasions seront nombreuses. Selon les Services économiques TD, les forces économiques et stratégiques actuelles qui dominent six secteurs clés – pétrole, minéraux critiques, ressources stratégiques, infrastructures de transport, défense et IA – ont le potentiel de lancer un boom des investissements pouvant atteindre 1 700 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie et au-delà.
Le Budget de 2026 est conçu pour transformer en investissements réels cet afflux de projets potentiels. Il vise à mobiliser des capitaux des secteurs privé et public, à accélérer les processus d'approbation et à donner la certitude voulue pour que les projets aillent de l'avant. Une prévisibilité accrue renforcera la compétitivité et le climat d'investissement du Canada. Ensemble, ces mesures favorisent une nouvelle ère d'investissement, de productivité et de croissance : un supercycle d'investissement au Canada.
L'économie canadienne a fait preuve de résilience, les entreprises s'adaptent et les Canadiens constatent des progrès. Mais le travail n'est pas terminé. Le coût de la vie demeure un défi pressant, l'incertitude commerciale continue de peser sur les entreprises, les travailleurs et les collectivités, et les faiblesses structurelles accumulées depuis 10 ans ne seront pas corrigées du jour au lendemain.
Le nouveau gouvernement du Canada suit un plan clair : prendre des mesures pour rendre la vie plus abordable dès aujourd'hui tout en bâtissant une économie plus forte et indépendante pour demain. Le Budget de 2026 s'appuiera sur les avantages du Canada afin que les possibilités se traduisent par des investissements, qui stimuleront la productivité, laquelle mènera à des revenus plus élevés, à un coût de la vie plus abordable et à une prospérité durable pour la population canadienne.
Contexte mondial
En pleine flambée des prix du pétrole, les coûts d'emprunt augmentent partout dans le monde
Malgré des obstacles au commerce grandissants, les tensions géopolitiques et la hausse des prix de l'énergie, l'économie mondiale est restée plus résiliente que prévu. Le FMI prévoit que la croissance mondiale ralentira à 3 % en 2026 avant de remonter à 3,4 % en 2027, une cadence qui n'est qu'un peu en deçà du rythme des dernières années. Cette résilience s'explique par plusieurs facteurs, notamment la vigueur des investissements liés à l'IA et à l'infrastructure énergétique, les conditions financières et budgétaires favorables et la capacité des entreprises et des chaînes d'approvisionnement à s'adapter aux perturbations commerciales et géopolitiques. Toutefois, ces sources de résilience ont des limites, et la croissance se concentre de plus en plus dans un nombre relativement restreint de secteurs et d'économies, ce qui rend les perspectives plus vulnérables face à de nouveaux chocs d'ordre politique et géopolitique.
Au Moyen-Orient, l'instabilité et les tensions plus persistantes que prévu ont accru les risques pesant sur l'approvisionnement énergétique mondial ces derniers mois. Les tensions au Moyen-Orient et l'intensification de la guerre menée par la Russie en Ukraine ont ravivé les pressions sur les marchés mondiaux de l'énergie après une brève période de calme relatif au début de l'été (graphique 2). Les pressions à la hausse sur les prix découlant de ces perturbations ont été contrebalancées en partie par la baisse de la demande mondiale de pétrole, l'augmentation de la production à l'extérieur du Golfe et la mise sur le marché de pétrole provenant des réserves stratégiques. Cependant, les marchés à terme laissent présager que les prix du pétrole resteront bien supérieurs aux prévisions antérieures au conflit tout au long de 2027. En parallèle, les contraintes de capacités de raffinage ont resserré l'offre de carburants et fait grimper les prix des produits raffinés par rapport aux prix du pétrole brut, d'où un risque accru que cette poussée se répercute sur les prix d'autres biens et services. Cette situation devrait exercer une pression à la hausse plus persistante que prévu sur l'inflation mondiale.
Une hausse des taux directeurs est de plus en plus attendue dans les économies avancées en raison des nouvelles pressions inflationnistes engendrées par le choc mondial des prix de l'énergie et de la réévaluation des répercussions du boom des investissements dans l'IA. Aux États-Unis, la montée des prix de l'énergie, les effets que continuent d'entraîner les droits de douane et la vigueur de la demande intérieure privée ont maintenu l'inflation sous-jacente à un niveau élevé (graphique 3). La Réserve fédérale a maintenu son taux directeur inchangé en octobre, après l'avoir relevé en septembre. Au Canada, la Banque du Canada a haussé son taux directeur de 25 points de base en octobre, dans un contexte où la persistance des prix élevés de l'énergie pourraient accroître les pressions inflationnistes. Dans leurs communications, les banques centrales ont récemment montré une tolérance moindre à une inflation supérieure à la cible. Par conséquent, les marchés financiers anticipent désormais une trajectoire des taux directeurs plus élevée que ce qui était prévu au début de l'année.
Graphique 2
Les prix élevés du pétrole devraient persister
Graphique 3
Les pressions inflationnistes se maintiennent aux États-Unis en raison des prix élevés de l'énergie et des droits de douane
La hausse attendue des taux directeurs, ainsi que les préoccupations liées à la viabilité des finances publiques et à l'émission de titres de créance souverains ont fait grimper le rendement des obligations gouvernementales dans les économies avancées, certains rendements à long terme ayant par moments atteint des sommets inégalés en près de 20 ans. Le Canada n'est pas à l'abri de l'effet de ces forces mondiales. Les coûts d'emprunt à long terme du Canada ont augmenté aussi. Toutefois, cette hausse a été plus modérée que dans de nombreux pays comparables depuis le début de l'année (graphique 4). Le taux de rendement des obligations gouvernementales à 10 ans est toujours parmi les plus bas du G7 (graphique 5). La solide situation financière du Canada, combinée à une économie résiliente et à des perspectives de croissance favorables, contribue à maintenir la confiance des investisseurs et à préserver le Canada des préoccupations à l'égard des finances publiques qui ont exercé une pression à la hausse supplémentaire sur les coûts d'emprunt dans certains autres pays.
Graphique 4
Le rendement des obligations du gouvernement à 10 ans est en hausse depuis le début de l'année, sous l'effet des craintes liées à l'inflation et aux finances publiques
Graphique 5
Le rendement des obligations du gouvernement à 10 ans est toujours parmi les plus bas du G7
Dans bien des économies avancées, la hausse des coûts d'emprunt pèse déjà sur le marché du logement et les investissements non résidentiels, tout en augmentant les frais de service de la dette pour les gouvernements, les entreprises et les ménages. Dans une économie mondiale caractérisée par la montée des coûts d'emprunt et de la concurrence pour l'obtention de capitaux internationaux, la rigueur budgétaire et les investissements qui font croître la productivité et la formation de capital sont d'autant plus importants.
Tandis que les coûts d'emprunt augmentent partout dans le monde, la bonne situation financière du Canada lui donne plus de latitude pour investir dans la croissance à long terme et la résilience de l'économie.
Les marchés des changes ont aussi connu des périodes de volatilité, alors que les investisseurs ont réévalué leurs prévisions concernant la croissance, l'inflation et les taux d'intérêt. Depuis le début de l'année, le dollar canadien a légèrement baissé pour se situer maintenant autour de 71 cents américains. Ce fléchissement récent semble attribuable en grande partie au dollar américain généralement plus fort et à l'élargissement des écarts de taux d'intérêt entre le Canada et les États-Unis. Le dollar canadien reste néanmoins au-dessus de son creux d'environ 68 cents américains du début de 2025, lorsque les inquiétudes concernant des droits de douane américains généralisés étaient particulièrement vives.
L'économie mondiale demeure résiliente alors que la technologie et les échanges commerciaux remodèlent la croissance
La montée du protectionnisme et de l'incertitude partout dans le monde continue de remodeler la structure des échanges commerciaux à l'échelle internationale. En parallèle, les tensions géopolitiques qui demeurent vives perturbent les marchés de l'énergie et les chaînes d'approvisionnement et influent sur les décisions d'investissement. Les chocs récents liés à l'énergie ont bien montré la nécessité de sources fiables d'énergie et d'intrants essentiels dans le monde, des domaines où le Canada peut jouer un rôle de chef de file.
Les obstacles au commerce grandissants et l'incertitude géopolitique accrue (graphique 6), ainsi que les répercussions de la politique commerciale américaine, remodèlent la structure des échanges commerciaux et des chaînes d'approvisionnement dans le monde (graphique 7). Alors que les entreprises et les gouvernements réorganisent leurs échanges commerciaux, les relations en matière d'investissement sont réévaluées dans le but d'assurer un juste équilibre entre les occasions et la sécurité économique. En ce moment où les entreprises cherchent à réduire les risques, les échanges et les capitaux se redirigent de plus en plus vers des secteurs stratégiques et des partenaires de confiance comme le Canada.
Graphique 6
Les risques géopolitiques restent élevés en raison de conflits persistants
Graphique 7
La réorientation des échanges commerciaux causée par les droits de douane américains remodèle les chaînes d'approvisionnement
Parallèlement, les avancées rapides en IA s'imposent comme une puissante force remodelant la structure des échanges et des investissements à l'échelle mondiale (graphique 8). La demande croissante de centres de données, de semi-conducteurs, d'infrastructures de calcul, de production d'électricité, de réseaux de transmission et de minéraux critiques vient réorienter les flux de capitaux et créer de nouvelles occasions dans les chaînes d'approvisionnement mondiales.
La part de l'IA et de la technologie dans les échanges commerciaux augmente rapidement dans les grandes économies
L'économie mondiale change, et le Canada possède ce que les entreprises recherchent : un approvisionnement énergétique fiable, des ressources naturelles en abondance, une main-d'œuvre qualifiée, des institutions solides et une intégration en profondeur dans les marchés internationaux.
Minéraux critiques au Canada

La croissance rapide des investissements dans l'IA entraîne une forte demande de capitaux, d'infrastructures, d'énergie et d'intrants essentiels. Le Canada est bien placé pour tirer parti de l'essor mondial de l'IA grâce à la demande croissante d'énergie, de minéraux critiques, d'infrastructures numériques et de technologies de pointe. Le Canada continue d'attirer d'importants investissements du secteur privé dans l'IA et se classe à plusieurs égards parmi les chefs de file mondiaux pour ce qui est du financement lié à l'IA. À mesure que son adoption progresse, l'IA pourrait devenir un important moteur de compétitivité et de croissance de la productivité. En parallèle, l'utilisation responsable de cette technologie et l'intégration de garde-fous pertinents dans la réglementation peuvent aider à atténuer les risques qui s'y rattachent.
L'économie canadienne croît et s'adapte aux changements
Le Canada relève les défis avec succès dans un contexte difficile
L'économie canadienne fait preuve de résilience malgré les droits de douane, l'incertitude accrue dans le monde et le ralentissement de la croissance démographique au pays. L'activité économique s'est accrue, les Canadiens continuent de trouver du travail et les dépenses des ménages demeurent vigoureuses.
L'économie a affiché une croissance de 2 % en moyenne en 2025 et a ainsi maintenu le rythme des deux dernières années, malgré de forts vents contraires. La croissance économique a été inégale, alors que les entreprises et les exportateurs se sont adaptés aux perturbations commerciales. L'économie a cependant retrouvé son élan à plusieurs reprises, grâce à la hausse du revenu réel des ménages et à la résilience des dépenses de consommation.
L'économie canadienne a entamé la deuxième moitié de l'année sur des bases solides. La croissance s'est renforcée au cours du premier semestre de 2026 pour atteindre plus de 3 % (taux annualisé) au deuxième trimestre (graphique 9), la progression la plus rapide parmi les pays du G7 et la plus forte depuis près de deux ans. Les données récentes suggèrent que l'économie est demeurée relativement résiliente au troisième trimestre.
Fort rebond de la croissance économique au Canada
Une croissance aux assises plus diversifiées
La croissance de l'économie canadienne repose sur des bases de plus en plus étendues. Après avoir principalement découlé de l'augmentation rapide de la population ces dernières années, elle est maintenant davantage le fruit de la hausse des investissements, de la productivité, ainsi que de l'activité accrue dans des secteurs émergents.
Au deuxième trimestre, la croissance a été portée par la reprise des exportations, la progression des investissements des entreprises et l'intensification de l'activité sur le marché du logement (graphique 10). Les dépenses des ménages sont aussi demeurées résilientes face à la montée des prix de l'essence et au ralentissement de la croissance démographique, soutenues par la progression du revenu disponible réel la plus rapide depuis 2024 et l'amélioration de l'état du marché du travail.
En parallèle, de nouvelles sources de croissance économique font leur apparition. Les investissements et l'activité dans des domaines comme l'IA, les centres de données et l'infrastructure numérique, l'activité liée à la défense et l'énergie soutiennent de plus en plus l'activité économique et la création d'emplois de qualité (graphique 11).
La productivité s'est accrue au cours de la dernière année : elle a augmenté de 1,2 % comparativement à la croissance moyenne d'à peine 0,1 % enregistrée durant la période de faible productivité ayant suivi la pandémie.
Graphique 10
La croissance du PIB réel repose sur des bases plus diversifiées
Graphique 11
La croissance du PIB réel est soutenue par des secteurs forts
Le Canada diversifie ses marchés d'exportation
Le Canada est maintenant l'économie dont les liens sont les plus étendus dans le monde, et le seul pays du G7 qui a un accord de libre-échange avec chacun des autres pays membres. Les entreprises établies au Canada profitent d'un accès préférentiel à 1,5 milliard de consommateurs répartis dans 51 pays qui représentent environ les deux tiers du PIB mondial. Le Canada est en voie de doubler cet accès au marché au cours des prochains mois grâce à de nouveaux accords commerciaux, notamment avec l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est et l'Inde, qui offriront aux entreprises canadiennes un accès préférentiel à un marché total de 3 milliards de consommateurs dans le monde. Malgré les droits de douane supplémentaires imposés récemment par les États-Unis, le Canada possède toujours un avantage concurrentiel par rapport à d'autres économies (graphique 12).
En dépit des difficultés causées par les droits de douane, les exportations réelles de biens ont quand même augmenté d'environ 5 % par rapport à la moyenne de 2024, principalement sous l'impulsion des exportations dans le secteur de l'énergie (graphique 13), dont les volumes ont bondi de près de 15 %, ainsi que de la hausse des exportations de produits de consommation et de biens de la catégorie des machines et du matériel.
Le Canada peut vendre beaucoup plus de produits énergétiques sur les marchés mondiaux grâce à de nouvelles capacités de transport des ressources énergétiques, en particulier le projet d'agrandissement du réseau de Trans Mountain et la phase 1 de LNG Canada. L'agrandissement prévu de la phase 2 de LNG Canada, qui doublera la capacité d'exportation initiale, renforcera davantage l'accès du Canada aux marchés mondiaux. Enbridge progresse également dans la première phase des travaux d'optimisation de son réseau principal. Ce projet permettrait d'acheminer 150 000 barils de pétrole brut canadien de plus par jour vers les marchés du Midwest américain et de la côte du golfe du Mexique donnant accès à des installations d'exportation mondiales, grâce à la modernisation de son réseau pipelinier existant. En parallèle, les perturbations de l'approvisionnement énergétique mondial attribuables au conflit au Moyen-Orient ont accru la demande d'énergie provenant de sources sûres et fiables, ce qui a stimulé l'intérêt à l'égard des ressources énergétiques du Canada et amélioré les conditions de prix dont elles bénéficient.
Graphique 12
Le Canada conserve un accès solide au marché américain
Graphique 13
La croissance des exportations réelles est plus étendue tandis que les exportations visées par des droits de douane se sont stabilisées
Les industries les plus touchées par les droits imposés au titre de l'article 232 par les États-Unis commencent à se redresser, comme en témoigne la stabilisation générale de la production, des exportations et de l'emploi dans ces secteurs. Dans certains cas, la situation se rapproche de ce qu'elle était avant l'imposition des droits de douane. La hausse des prix des produits de base, la diversification des exportations et des conditions favorables sur les marchés mondiaux ont contribué à soutenir un certain nombre de secteurs. Les producteurs d'aluminium et de cuivre ont profité du resserrement de l'offre mondiale, tandis que les investissements en IA propulsent la demande de semi-conducteurs. Les prix élevés et la forte demande intérieure ont compensé en partie la baisse de la demande provenant des États-Unis et soutenu l'activité dans de nombreuses industries touchées par les droits de douane. Le secteur automobile canadien se raffermit également. Les exportations de véhicules assemblés au Canada ont repris après un réoutillage des usines plus tôt cette année. La production devrait progresser de manière modérée en 2027, alors que les conditions de marché demeurent variables et que les pressions liées au rajustement persistent.
Les exportations nominales de biens vers les États-Unis sont en grande partie revenues à un niveau comparable au point où elles en étaient avant l'imposition des droits de douane, alors que les exportations de biens vers les marchés autres que les États-Unis dépassent de plus de 50 % la moyenne de 2024, ce qui témoigne à la fois des prix plus avantageux de plusieurs produits de base ainsi que des premiers efforts de diversification (graphique 14 et encadré ci-dessous). Au cours de la dernière année, le Canada a signé plus de 20 accords commerciaux et en matière de sécurité sur cinq continents. Son plus récent accord commercial, avec les Émirats arabes unis, a été conclu en 47 jours, un record.
Les plus récentes mesures commerciales prises par les États-Unis devraient peser sur les exportations canadiennes et mettre encore plus à rude épreuve les chaînes d'approvisionnement. Malgré les difficultés additionnelles qui en découleront, ces mesures ne devraient pas changer la trajectoire de la reprise économique du Canada. Nous continuons d'aider les entreprises touchées grâce au cadre de remise des droits de douane et à des mesures de soutien ciblées. Jusqu'à maintenant, nous avons fourni près de 44 milliards de dollars en soutien pour aider les industries de tout le Canada à faire face aux droits de douane.
Appuyer les travailleurs
10 milliards de dollars pour aider à offrir un programme de requalification professionnelle et de soutien au revenu aux travailleurs touchés par les perturbations commerciales, y compris de la formation et des prestations d'assurance-emploi, à mettre sur pied des alliances pour la main-d'œuvre et à améliorer les mesures de soutien dans le cadre du programme d'assurance-emploi.
Les mesures de soutien dans le cadre du programme d'assurance-emploi ont aidé plus de 2,8 millions de travailleurs et permis d'éviter environ 30 000 mises à pied.
Garantir l'accès à du financement
12,9 milliards de dollars pour s'assurer que les entreprises de toutes tailles ont accès à des liquidités et à du financement, au moyen du Crédit pour les grandes entreprises touchées par les droits de douane, du programme Pivoter pour se propulser de la Banque de développement du Canada et du report temporaire de l'impôt sur le revenu des sociétés et des versements de la TPS/TVH. Cela comprend 1 milliard de dollars de nouveaux prêts accordés par Financement agricole Canada.
Donner aux entreprises les outils nécessaires pour croître et se diversifier
20,6 milliards de dollars pour soutenir les entreprises touchées par les droits de douane pour qu'elles puissant se réorienter, croître ou diversifier leurs activités, et maintenir la capacité industrielle au moyen du Fonds de réponse stratégique, de l'Initiative régionale de réponse tarifaire et d'autres programmes qui fournissent un soutien ciblé à des secteurs stratégiques comme la foresterie, l'automobile, les métaux, l'exploitation minière et l'agriculture.
Les droits de douane américains les plus récents devraient exercer une pression accrue sur les exportations dans les secteurs touchés et contribuer ainsi à une croissance économique inégale et au ralenti à la fin de 2026 et au début de 2027. Cependant, les économistes du secteur privé s'attendent à ce que la croissance du PIB réel se raffermisse au cours de 2027, pour atteindre environ 2 % (taux annualisé) d'ici la fin de l'année prochaine, à mesure que les entreprises s'adapteront, que les exportations se redresseront et que de nouvelles sources de demande et de nouveaux marchés apparaîtront.
Hausse importante des exportations de biens vers les marchés autres que les États-Unis
La diversification de nos exportations est essentielle pour bâtir une économie plus forte et résiliente. En élargissant l'accès à une plus grande variété de marchés, le Canada peut réduire son exposition à des perturbations propres à certains pays et créer de nouvelles sources de croissance. Les progrès varieront d'un secteur à l'autre. Les industries bien intégrées aux chaînes d'approvisionnement nord-américaines pourraient connaître des périodes d'ajustement plus longues, le temps que les réseaux de production s'adaptent et que les entreprises développent de nouveaux marchés.
Le secteur des services, qui est à l'origine du tiers environ des exportations canadiennes vers des marchés autres que les États-Unis, est bien placé pour profiter de la croissance de la demande mondiale. Les exportations de services numériques (services de télécommunications, développement de logiciels, services de conseil professionnels, génie-conseil, services financiers, etc.) s'imposent de plus en plus comme un important moteur de croissance. Ces industries peuvent servir des clients dans de nombreux marchés à la fois et sont généralement moins exposées aux droits de douane et aux perturbations commerciales touchant les biens, de sorte qu'elles constituent une importante source de diversification des exportations tout en soutenant la croissance, les investissements et des emplois de qualité.
Pour renforcer sa compétitivité et soutenir sa croissance économique à long terme, le Canada doit compter sur des infrastructures favorisant le commerce qui sont efficientes et modernes. Les investissements dans les ports, les réseaux ferroviaires et les corridors d'exportation au pays renforcent la capacité d'expédier des biens sur les marchés mondiaux. Des gains sont observés dans de nombreuses catégories de biens, et les exportations de produits énergétiques devraient jouer un rôle de premier plan dans l'accroissement des exportations mondiales du Canada (graphique 15). Cet élargissement de la capacité d'exportation a déjà amélioré l'accès aux marchés dans l'Indo-Pacifique et soutenu la croissance des exportations de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié. D'autres investissements dans les corridors commerciaux et dans l'infrastructure de pipelines pourraient accélérer ces gains, en permettant de jumeler les ressources canadiennes à la demande croissante à l'étranger. Le Canada solidifierait ainsi sa position de fournisseur fiable de ressources énergétiques sur les marchés mondiaux.
Graphique 15
Les premiers efforts de diversification sont étendus
Le Budget de 2025 fixait l’objectif ambitieux de doubler les exportations vers des marchés autres que les États-Unis d’ici 10 ans, ce qui se traduirait par des échanges commerciaux de 300 milliards de dollars de plus par année. Les premiers indicateurs sont encourageants. Les exportations nominales de biens et de services vers des marchés autres que les États-Unis ont augmenté de 33 milliards de dollars en 2025 et sont en voie de connaître une hausse supplémentaire de 57 milliards de dollars en 2026 (graphique 16).
Premières avancées en vue de doubler les exportations vers des marchés autres que les États-Unis
Le Canada jette les bases d'un supercycle d'investissement
Alors que le monde réagit à la rupture provoquée par les tensions géopolitiques grandissantes et un contexte commercial de plus en plus fragmenté, le Canada est bien placé pour attirer des investissements dans des secteurs stratégiques. La demande croissante d'énergie provenant de sources fiables, de minéraux critiques et d'infrastructures liées à l'IA, combinée à la réalisation de grands projets, à l'élargissement de l'accès aux marchés et à la bonification des incitatifs à l'investissement, crée des conditions propices à un supercycle d'investissement au Canada.
Un supercycle d'investissement survient lorsque les capitaux privés, les investissements publics, l'adoption des technologies et l'accès aux marchés se renforcent mutuellement et favorisent une période prolongée d'investissements accrus, de croissance de la productivité et d'expansion économique.
Les investissements du secteur privé joueront un rôle déterminant dans la concrétisation de ce supercycle. L'objectif du Canada de catalyser de nouveaux investissements privés à hauteur de 500 milliards de dollars sur cinq ans témoigne de l'ampleur des occasions d'investissement qui naissent dans l'économie. Selon une enquête annuelle menée auprès de dirigeants d'entreprises internationaux, le Canada se classe au deuxième rang des pays qui seront les plus attractifs pour les investissements au cours des trois prochaines années, et réduit ainsi l'écart avec les États-Unis (graphique 17). Ce classement montre que la confiance grandit dans le monde à l'égard des facteurs économiques fondamentaux du Canada, de ses actifs stratégiques et de ses perspectives de croissance à long terme.
Le Canada se classe parmi les premières destinations des investissements étrangers dans le monde
Le Canada tirera parti de la réorientation des capitaux mondiaux vers les secteurs qui devraient propulser la prochaine vague de croissance économique, notamment l'IA, les véhicules électriques et les batteries, les semi-conducteurs, la cybersécurité, les technologies spatiales et l'énergie nucléaire (graphique 18). Ces domaines font partie d'un ensemble plus large de secteurs qui devraient être les moteurs de la croissance économique future et pourraient représenter d'ici 2040 de 29 000 milliards à 48 000 milliards de dollars américains en revenus annuels mondiaux.
Le Canada peut être compétitif dans plusieurs de ces secteurs en jumelant ses ressources naturelles, ses sources d'énergie fiables, ses capacités de recherche et sa main-d'œuvre qualifiée avec ses points forts bien établis sur le plan commercial. Des entreprises canadiennes occupent déjà une position concurrentielle à l'échelle mondiale dans plusieurs de ces secteurs, comme l'illustrent les grappes de jeux vidéo de calibre mondial à Montréal et Vancouver, les chefs de file prometteurs en IA, une forte présence en commerce électronique et en cybersécurité, des leaders reconnus dans les domaines de l'espace, des infrastructures technologiques et des télécommunications, ainsi qu'un acteur clé de la renaissance du nucléaire. À ces capacités viennent s'ajouter les réserves d'uranium et d'autres minéraux critiques, l'électricité en abondance et l'expertise de pointe en matière d'énergie nucléaire au pays, qui élargissent encore les possibilités, notamment dans le domaine des véhicules électriques, des batteries et d'autres secteurs à forte consommation d'énergie.
Le Canada peut être compétitif dans les secteurs de croissance clés de l'avenir

Les atouts du Canada ne se limitent pas aux ressources naturelles et à sa main-d'œuvre qualifiée. Des institutions solides, des marchés financiers bien établis et un système financier résilient constituent une base stable pour l'investissement et l'activité économique.
Le Canada est classé comme le pays ayant le régime fiscal le plus compétitif du G7, selon l'indice de compétitivité fiscale internationale 2026 de la Tax Foundation.
Le Canada utilise sa solide position budgétaire judicieusement. Grâce à des investissements ciblés et stratégiques ainsi qu'à des modifications de portée générale en matière fiscale, le Canada demeure l'une des économies avancées les plus compétitives sur le plan fiscal. Le Budget de 2026 propose des modifications phares en matière fiscale, dont la Mégadéduction à la productivité et l'Incitatif canadien à la croissance, qui renforceront notre compétitivité fiscale et créeront les conditions propices à un supercycle d'investissement.
Le Canada se classe au premier rang des pays du G7 au chapitre de la compétitivité fiscale globale

Dans un monde marqué par l'incertitude, les investisseurs accordent une importance accrue à la stabilité, à un accès fiable aux marchés et à la certitude que les projets peuvent réussir à long terme. Le Canada est de plus en plus en mesure d'offrir ces trois avantages, auxquels s'ajoute une filière sans cesse croissante de projets d'investissement à grande échelle. De récentes mesures stratégiques ont également augmenté l'attrait du Canada en tant que destination de choix pour les investissements.
Aujourd'hui, le Canada offre le traitement fiscal le plus compétitif du G7 pour les nouveaux investissements des entreprises. La Mégadéduction à la productivité proposée marque l'un des plus grands changements au régime fiscal des entreprises depuis 50 ans : elle fera passer à 6,4 % le taux effectif marginal d'imposition sur les nouveaux investissements des entreprises, alors qu'il atteignait 15,4 % avant le Budget de 2025. Le gouvernement du Canada a apporté une série de changements pour faire du Canada un environnement plus concurrentiel pour les entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, notamment en réduisant les impôts sur les revenus des particuliers et en encourageant les entreprises à faire de nouveaux investissements.
Le Budget de 2025 a instauré la Superdéduction à la productivité, qui permet aux entreprises de toutes tailles de déduire immédiatement 100 % du coût des nouveaux investissements admissibles. Cette mesure a permis la passation en charges immédiate d'un large éventail d'actifs productifs, y compris de nouveaux équipements, machines, technologies et autres actifs. Grâce à la Mégadéduction à la productivité, le Canada a augmenté la proportion d'actifs visés, pour la faire passer d'environ 15 % à plus de 65 %, afin d'inclure les câbles à fibres optiques, les biens miniers, les oléoducs et les gazoducs, les logiciels, la recherche et le développement, le matériel informatique, les aéronefs et les véhicules, les brevets, les voies ferrées, les ponts et les routes.
Un nombre limité d'exclusions s'appliquent à certains actifs qui sont de longue durée, qui sont assujettis à des taux réglementés ou qui sont destinés en grande partie à un usage personnel. L'approche du Canada quant à la passation en charges immédiate est concurrentielle, par rapport aux États-Unis, auprès des investisseurs.
Les récents changements à la fiscalité ont considérablement amélioré les perspectives de l'investissement au Canada et devraient encourager les entreprises à augmenter leurs dépenses en capital. Grâce à la Mégadéduction à la productivité, le taux effectif marginal d'imposition des nouveaux investissements au Canada sera d'environ 10 points de pourcentage inférieur à celui des États-Unis et correspondra environ au tiers de la moyenne pour les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Des signes indiquent que les entreprises canadiennes investissent dans la croissance future. Au deuxième trimestre, les investissements des entreprises ont affiché leur plus forte progression en deux ans (graphique 19), appuyés par des gains annualisés de plus de 20 % dans la construction de bâtiments industriels, le matériel et l'outillage, en particulier les investissements liés à la technologie (graphique 20). Malgré l'incertitude engendrée par les différends commerciaux, les entreprises continuent d'investir, ce qui témoigne de la solidité de leurs bilans, du raffermissement de la confiance et des possibilités croissantes dans les secteurs les mieux placés pour tirer profit des changements structurels que connaît l'économie mondiale.
Graphique 19
La croissance des investissements des entreprises se renforce
Graphique 20
Le cycle d'investissement dans l'IA soutient les investissements
La hausse des prix de l'énergie et la demande croissante d'énergie provenant de sources sûres et fiables favorisent les dépenses d'investissement dans le secteur de l'énergie. La forte demande de minéraux critiques et d'autres produits de base à l'échelle mondiale encourage de nouveaux projets d'exploration et d'exploitation. Les investissements augmentent dans les actifs qui améliorent la productivité, comme les machines, le matériel et l'infrastructure informatique, en partie en raison des investissements croissants dans l'IA et son adoption. Ces investissements peuvent produire des retombées bien au-delà de leurs secteurs d'origine, en stimulant l'activité et la création d'emplois dans les domaines de la fabrication, de la logistique, du transport, de l'ingénierie et des services aux entreprises. Les intentions d'investissement futures laissent entrevoir une vigueur soutenue des investissements des entreprises (graphique 21).
Les grands projets contribueront à transformer ces nouveaux domaines porteurs en un cycle d'investissement plus vaste et durable. Par exemple, les nouvelles infrastructures énergétiques et commerciales élargiront l'accès aux marchés mondiaux, accroîtront la capacité d'acheminer l'énergie et d'autres biens canadiens et amélioreront le rendement des investissements du secteur privé.
Les capitaux nécessaires à la réalisation de ces projets affluent de plus en plus vers le Canada. Les investissements directs étrangers (IDE) ont grimpé à leur niveau le plus élevé en près de 20 ans pour s'établir en moyenne à 98 milliards de dollars en 2025. Depuis le début de l'année dernière, le Canada se classe en tête du G7 pour les flux entrants d'IDE par habitant (graphique 22). Au cours des six premiers mois de 2026, les bénéfices réinvestis ont constitué la majeure partie des IDE, soit 54 %. La part importante de bénéfices réinvestis semble indiquer que les entreprises étrangères qui exercent des activités au Canada continuent d'y voir des perspectives propices à l'expansion.
Graphique 21
Les intentions d'investissement des entreprises sont solides
Graphique 22
Le Canada est en tête du G7 pour les flux entrants d'investissements directs par habitant depuis 2025
Les grands projets stimulent l'investissement
Le programme des grands projets du Canada vise à relier et à transformer l'ensemble de notre pays en réduisant les formalités administratives, en accélérant l'évaluation et la construction des projets et en donnant aux investisseurs la certitude accrue dont ils ont besoin pour investir dans de grands projets. Le Canada ouvre la voie à un supercycle d'investissement en mobilisant les capitaux privés et en développant les infrastructures, les capacités et la confiance nécessaires pour stimuler des investissements additionnels – et ce, en combinaison avec l'un des plus grands changements au régime fiscal des entreprises depuis un demi-siècle.
Les grands projets dans des secteurs tels que l'énergie, les transports, les minéraux critiques et l'infrastructure numérique généreront d'importantes activités de construction à court terme, tout en ayant de plus vastes retombées en venant réduire les coûts, élargir l'accès aux marchés et ouvrir de nouvelles possibilités d'investissement et de croissance pour les entreprises canadiennes. L'avancement des projets, qui passent du stade de la planification à l'étape de la construction, réduit l'incertitude chez les investisseurs en prouvant que les projets à grande échelle peuvent être réalisés, ce qui encourage les entreprises à engager des capitaux.
Les projets soumis au Bureau des grands projets (BGP) comptent parmi les investissements d'intérêt national les plus importants du Canada. Le BGP a annoncé 28 initiatives d'intérêt national dans tout le pays : 18 projets, qui représentent de nouveaux investissements de plus de 194 milliards de dollars et permettront de soutenir environ 200 000 emplois par année pendant la phase de construction, et 10 stratégies de transformation destinées à créer de nouvelles possibilités régionales et sectorielles. Dans leur ensemble, ces projets couvrent chaque région du pays et progressent aux étapes de la planification, de la construction et de la réalisation (figure 4).
Ces estimations ne tiennent pas compte des investissements potentiellement importants en amont que pourraient générer ces projets. À titre d'exemple, selon les estimations, l'oléoduc Pacific Link pourrait mener à des investissements dans les oléoducs et la production en amont d'une valeur comprise entre 70 milliards et 81 milliards de dollars.
Grands projets représentant certains des investissements d'intérêt national les plus importants du Canada
Les projets soumis à ce jour représentent des investissements en capital de plus de 194 milliards de dollars du secteur privé, du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux

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